Paris / Le ministre de l’Agriculture a reçu les représentants de la filière forêt-bois

Le 5 avril 2018

Dans le sillage des tensions rencontrées par les professionnels de la filière forêt-bois sur le marché des feuillus, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Stéphane Travert a reçu les représentants des organisations professionnelles le 23 mars dernier.

Le 23 mars dernier, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a reçu les représentants de la filière forêt-bois française : Cyril Le Picard, président de France bois forêt et de l’Union de la coopération forestière française, Dominique Weber, président de France bois industries entreprises, Luc Charmasson, vice-président du CSF bois, Antoine d’Amécourt, président de Fransylva, Philippe Gourmain, président des Experts forestiers de France, Patrick Falcone, adjoint au directeur général de l’ONF en charge des relations institutionnelles, Dominique Jarlier, président de la Fédération nationale des communes forestières, Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires, Philippe Siat, président de la Fédération nationale du bois, accompagné de Rémi Petitrenaud, vice-président de la FNB section feuillus, Audoin de Gouvion Saint-Cyr, secrétaire général du Codifab, Charles Glèze, président de France bois régions, Georges-Henri Florentin, directeur de l’institut technologique FCBA, et Jean-Yves Caullet, président du conseil d’administration de l’ONF, qui s’est vu confier en début d’année par le ministre une mission d’appui à la clarification de l’organisation de la filière forêt-bois.

Un aréopage au grand complet, pour examiner les solutions pour valoriser la ressource feuillue de la forêt, l’une des problématiques au coeur de l’actualité de la filière en France. Le ministre a notamment annoncé l’élaboration d’ici la deuxième quinzaine de mai d’un plan de filière feuillus, dont le pilotage sera assuré par un comité plus restreint, les représentants de France bois forêt, FBIE et France bois régions sous la direction de Vincent Abt, conseiller du ministre pour les questions forestières. Une réflexion menée tambour battant qui bénéficiera de l’expérience et des méthodes acquises par le ministère dans d’autres filières agricoles.

La question de l’exportation des grumes de chêne a bien évidemment été évoquée, pour être remise à sa juste place dans la crise actuelle des scieries de chêne. Le ministre a ainsi fait savoir que l’interdiction de l’exportation n’était pas envisageable pour le gouvernement, et que l’extension du label UE à la forêt privée pouvait être envisagée mais sans caractère obligatoire, au risque de se voir retoquée par le Conseil d’Etat pour entrave à la concurrence. Seule mesure envisagée dans l’immédiat, le renforcement des contrôles des traitements phytosanitaires sur les grumes partant à l’export.

Le ministre a écouté l’ensemble des interlocuteurs s’exprimer sur cette crise et en retient l’urgence de rapprocher les acteurs pour trouver des solutions : “Il faut faire le pari de l’intelligence collective”, a-t-il déclaré. Il souhaite aussi que l’estimation de la ressource disponible et l’analyse des différents modes de vente soient faites au niveau des régions, sous la houlette des Draaf à qui il va demander d’organiser des réunions dans ce sens. Le ministre s’est dit favorable à l’évolution des modes de ventes, à commencer par le développement de la contractualisation pour les feuillus, sous une forme adaptée à la plus grande complexité de cette matière première. L’autre piste évoquée est la modernisation des scieries, un programme qui devrait faire partie du grand plan d’investissement pour l’industrie de l’avenir annoncé par le gouvernement dans le cadre de la promulgation de la loi de finances 2018. Enfin, le ministre a tenu à rappeler l’opportunité exceptionnelle que représente pour la construction bois et toute la filière la tenue des Jeux Olympiques en 2024 à Paris.

Nathalie Jaupart-Chourrout