Marché européen du parquet : légère contraction en 2018

Le 30 août 2019

Après trois années ayant oscillé entre stabilité et croissance modérée, et malgré un début d’année généralement favorable, les chiffres relatifs à la consommation de parquet dans l’ensemble de l’Europe indiquent une tendance à la baisse pour 2018. D’après les données consolidées communiquées par la Fédération européenne du parquet (FEP), résultant d’informations fournies par ses pays membres et associations affiliées, le marché dans son ensemble traduit une baisse de l’ordre de 2,3% par rapport à 2017.

Comme on a déjà pu le constater par le passé, les résultats obtenus montrent des différences d’un pays à l’autre. La contraction du marché est principalement due à la baisse de consommation de parquet observée en Allemagne et en Suisse, ainsi que, dans une moindre mesure, au niveau du groupe nordique (constitué par le Danemark, la Finlande et la Norvège), et concernant le Bénélux.

La production au sein du territoire des pays appartenant à la FEP a connu une baisse modérée, de l’ordre de 1,3%, mais dépasse largement le seuil des 75 millions de mÇ (75.335.600 mÇ pour être précis). La production des pays européens n’étant pas membres de la FEP s’élève au total à 14,8 millions de mÇ, dont 9,2 millions de mÇ produits par les pays appartenant à l’Union européenne, et 5,6 millions de mÇ produits par les pays non membres de l’UE. Si l’on prend en compte la production européenne de parquet au total, à savoir celle réalisée par les pays membres de la FEP à laquelle s’ajoute celle des pays non membres, on en conclut que la production pour 2018 a modérément fléchi (de l’ordre de 0,8%), excédant une surface de 90 millions de mÇ. La répartition de la production par types de parquet demeure similaire à celle tendant à perdurer depuis 2010, à savoir que les parquets mutli-couches arrivent de loin en première position, avec 82% du total (comparés aux 81% de 2017), ces parquets étant suivis par le parquet massif (incluant le parquet lamellé) avec une part de marché de 17%, les parquets de type mosaïque représentant seulement 1% du total (comparé aux 2% de 2017).

En valeur absolue par pays, la Pologne maintient sa position de leader avec une part de 17,39%, tandis que la Suède se situe au deuxième rang, avec une part de 15,22%. A la troisième place on trouve l’Autriche, avec une part de 12,76%, tandis que l’Allemagne se place en quatrième position avec une part de 9,51%.

La France, 3e pays consommateur

En matière de consommation de parquet par pays, l’Allemagne conserve la première position, et ce malgré un marché qui continue de décliner, avec une part de 18,78% ; vient ensuite l’Italie, avec 11,56% de parts de marché, et la France complète le podium avec une part de 10,59%. La Suède, quant à elle, arrive en quatrième position avec une part de 7,25%. On trouve ensuite en cinquième position l’Autriche (8,15%), tandis que le groupe nordique et la Suisse arrivent en sixième et septième position, avec respectivement 7,91 et 7,25%. En ce qui concerne la consommation de parquet par habitant, si l’on envisage les pays membres de la FEP séparément, on constate que la Suède demeure en première position, avec une part de 0,81 m_ par habitant, suivie de l’Autriche (0,74 m2), et de la Suisse (0,67 m2). Au sein de la zone constituée par les pays membres de la FEP, la consommation par habitant demeure stable, avec en 2018 une surface moyenne de l’ordre de 0,19 m2. Au niveau des essences employées dans la production du parquet, on note que le chêne demeure majoritaire, avec une part stable de 80,3%, comparé aux 80,6% de de 2017. Les essences de bois d’origine tropicale représentent 3,7% du bois utilisé. Le frêne et le bouleau demeurent les deux autres essences les plus employées, avec respectivement 6,8 et 2,1%, (contre les 6,2 et 2,4% de 2017).

Légère hausse anticipée pour 2019

Quoique le marché manque encore de visibilité en ce qui concerne les mois à venir, les marchés européens du parquet montrent généralement une tendance stable inclinant à une légère croissance pour les premiers mois de cette année, s’inscrivant dans la continuité de la période ayant précédé 2018, avec une consommation stable ou en légère hausse. En outre, la consommation de parquet semble avoir redémarré en Allemagne, qui constitue le principal marché au niveau européen. D’un autre côté, la concurrence de solutions alternatives, de type «imitation bois», demeure féroce, notamment de la part du LVT.

Pour ce qui est des matières premières, on ne recense par pour l’heure de tension particulière, même si la disponibilité décroît, dans le cas des parquets multi-couches, pour ce qui est des couches subalternes, impliquant HDF ou contreplaqué.

Au niveau européen, la FEP salue la reconnaissance croissante des produits à base de bois par les autorités de l’Union européenne, et la contribution de ces produits bois, dont le parquet, à participer à la lutte contre le changement climatique, et par-delà à soutenir l’économie circulaire, et le concept de durabilité. «Cette reconnaissance devrait se traduire par des politiques destinées à soutenir notre secteur et à convaincre le consommateur final», estime la FEP, «puisque le parquet demeure la seule solution en matière de revêtement de sols permettant d’introduire la nature à l’intérieur de la maison».

On notera, pour finir, que les chiffres concernant l’Allemagne sont provisoires, sachant que les données établies par l’Office général allemand de statistiques révèlent quelques divergences, de même que celles communiquées par la Fédération allemande du parquet. De légers réajustements devraient ainsi être réalisés prochainement

Lire la suite dans Le Bois International, Charpente, construction, menuiserie et meuble, notre édition rouge N°28 …