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Les stations forestières changent-elles ? (2/2)

Station météo de Paris- Montsouris, une des plus anciennes (1873).

Crédit photo DR

Dans la première partie de cet article, nous avions passé en revue les données sous-jacentes à cette question, que sont les faits en cause, les disciplines dont ils relèvent et l’état des connaissances sur ces phénomènes. Il en ressort en substance que les données disponibles sont dans l’ensemble en nombre limité au regard de la complexité du problème, et encore récentes pour fonder un recul historique.

Nous envisageons dans cette seconde partie ce qu’elles permettent d’affirmer et ce qui relève de la conjecture.

La connaissance du degré de certitude attaché à ces connaissances est indispensable pour orienter une gestion à moyen et long terme. Des décisions novatrices s’appuyant sur des faits insuffisamment établis, pourraient faire prendre des risques plus grands que ceux qu’elles visent à conjurer (en supposant qu’ils ne soient pas surévalués !). L’histoire des politiques forestières depuis un siècle abonde en effet en initiatives qui se sont soldées par des échecs, ne serait-ce que dans le choix de nouvelles essences de boisement. Les caprices du climat ont eu souvent bon dos pour exonérer les gestionnaires de leurs erreurs ou de leurs imprudences.

Les variations de la composante climatique

Le climat intervient à plusieurs niveaux et échelles de temps : ses caractères moyens définissent un climat régional et font partie au niveau local de la niche écologique et de la station, tandis que les aléas peuvent être en cause dans les dépérissements abiotiques, les mortalités, et in fine certaines attaques sanitaires, quand ils comptent comme des causes primaires.

La division entre ces deux aspects peut faire débat dans certains cas. Lorsqu’une conjonction ou une suite rapprochée d’aléas climatiques survient, certains continuent à n’y voir que la manifestation ordinaire de la variabilité naturelle du climat, quand d’autres mettent ces occurrences sur le compte d’une évolution du climat « moyen » régional, en relation avec un « changement climatique ». C’est cette interprétation qui est sous-jacente dans le discours sur « les stations changent ». La réponse à cette question source de controverses est à chercher dans les archives climatiques, par des traitements statistiques et une analyse critique de la valeur des données, de leur degré d’incertitude, enfin une discussion sur la signification des résultats.

Station météo de Paris- Montsouris, une des plus anciennes (1873).
DR

Pour les analyser, en plus des méthodes statistiques générales, des traitements spécifiques mis au point pour l’étude des séries temporelles ou séries chronologiques, initialement élaborées au début du 20e siècle pour traiter des problèmes industriels ou économiques (théorie des processus stochastiques) sont utilisés pour l‘étude séries hydrologiques ou climatiques (DER MEGREDITCHIAN, 1991-1993). Ces méthodes doivent faire ressortir si les variations mesurées sont significatives et caractérisent une évolution de la série (tendance linéaire ou polynomiale), ou si la série est « stationnaire ».

Pour ce faire, elles éliminent ou filtrent les variations qui peuvent brouiller cette analyse, à savoir les ruptures (artefacts explicables par des déplacements de postes climatiques, des changements de techniques instrumentales), mais aussi, par des procédés statistiques de « désaisonnalisation », les phénomènes cycliques ou saisonniers, qui renvoient à d’autres phénomènes, à déterminisme astronomique.

En France, des compilations de données sont disponibles sur les séries de températures ou de précipitations, couvrant des périodes depuis la deuxième moitié du 18e siècle pour un nombre réduit de stations, ou le début du 20e siècle pour un plus grand nombre. La plupart des analyses récentes opèrent sur des données homogénéisées (pour éliminer l’effet des déplacements de postes ou des changements de capteurs), et pour les séries récentes sur des agrégations pondérées de données fournies par plusieurs stations voisines, ce qui permet de pallier les lacunes qui affectent certaines séries.

Retrouvez l'intégralité de l'article dans La Forêt Privée n°381. Abonnez-vous ! 

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