Secteur forestier et politiques au lendemain de la crise : recommandations de la FAO

Le 10 juillet 2020

Du 22 au 25 juin, des représentants du secteur forestier et de gouvernements du monde entier se sont réunis lors d’une série de webinaires, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture ou FAO. Cet évènement avait été intitulé : «Reconstruire en mieux : les contributions du secteur forestier à la relance post-pandémie Covid-19». Il s’agissait d’évaluer les effets de la pandémie sur le secteur forestier puis d’identifier des réponses stratégiques et des innovations pouvant renforcer la contribution de ce secteur à la relance.
«Alors que le Covid-19 continue de perturber des vies et des chaînes de valeur à travers le monde, les forêts et les communautés forestières sont touchées de plusieurs manières. Déjà, les forêts et les arbres sont un filet de sécurité pour les membres les plus vulnérables de la société, fournissant de la nourriture, de l’énergie et des revenus en période de pénurie», a déclaré Hiroto Mitsugi, sous-directeur général des forêts de la FAO. Une pression accrue sur les ressources forestières s’est ainsi exercée. Hiroto Mitsugi a également souligné que les restrictions de mouvement ayant affecté des chaînes de valeur entières, en particulier le transport des produits forestiers, ont aussi touché les moyens de subsistance et les entreprises.
Organisée autour de sessions thématiques techniques, la rencontre virtuelle a débouché sur des recommandations comme celle de ne pas détourner l’attention portée à la production de bois légal et durable à la faveur de l’urgence, ce qui annulerait potentiellement les réalisations durement gagnées aux niveaux international et nationaux. Le soutien aux marchés locaux et régionaux permettant d’augmenter la résilience aux crises futures a aussi été mis en avant. Les programmes qui combinent possibilités d’emploi, amélioration de la productivité et restauration des écosystèmes ont été appelés des vœux des participants pour une récupération à long terme.
Un document de six pages intitulé «The impacts of Covid-19 on the forestry sector: How to respond?» ( FAO. 2020, Rome) avait été édité par la FAO fin avril, qui est disponible sur le site de l’organisation.
En particulier, il préconise, en ce qui concerne le commerce mondial et les chaînes d’approvisionnement des produits forestiers de :
renforcer les marchés nationaux et régionaux des produits forestiers, en maintenant l’accès aux bois récolté et à la technologie (assistance technique, formation, équipement), et en créant des canaux de commercialisation ;
coordonner les stratégies avec les ministères de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce pour des programmes basés sur des partenariats public-privé ;
maintenir la demande de bois légal et travailler avec les gouvernements pour faire respecter les accords internationaux et la réglementation sur le bois récolté légalement, ceci pour permettre aux pays producteurs de bois de mettre en œuvre une législation nationale qui favorise la gestion durable des forêts ;
– au milieu des marchés internationaux perturbés, stimuler l’intérêt des gouvernements et des acteurs du secteur privé pour la production et la transformation domestiques légales du bois, en offrant plus d’opportunités aux petits exploitants et autres producteurs locaux de bois ;
formaliser et faciliter la production nationale de bois pour approvisionner les industries locales tournées vers l’exportation. Au fil des ans, ces industries ont de plus en plus compté sur un bois à moindre risque et l’importation (à forte empreinte carbone) depuis les pays développés.
Le rapport préconise aussi de construire une production plus durable et des chaînes d’approvisionnement résilientes, fournissant des moyens de subsistance plus diversifiés, en :
transformant la crise en une opportunité de promouvoir des produits plus légaux et durables et basés sur la nature pour contrer tout choc à court et à long terme sur les moyens de subsistance, en particulier pour les personnes vulnérables dans les sociétés rurales qui dépendent des revenus de l’utilisation des terres ;
accroissant les incitations économiques pour la production légale et durable de bois et ainsi atténuant les effets potentiels d’une baisse des prix sur le marché des produits de base causée par un afflux de produits illégaux ;
– promouvant l’utilisation des innovations numériques pour améliorer l’accès aux données et l’analyse pour les décideurs, y compris pour les plateformes d’échange et la logistique.

Photo : Chetumal, État du Quintana Roo, Mexique : un travailleur inspecte un chargement de bois. (Source : FAO)