Scolytes de l’épicéa : la 3e année de lutte s’engage en plein état d’urgence Covid-19

Le 12 mai 2020

Une stratégie de lutte contre les dégâts dûs à la pullulation de scolytes de l’épicéa apparue en 2018 a été élaborée par les interprofessions de l’Est avec les professionnels. Elle a porté ses fruits, ainsi avec l’écoulement de bois scolytés vers les régions Ouest et Sud-Ouest grâce à  une aide d’État. En ce début de troisième année de pullulation, alors que l’état d’urgence sanitaire a des effets conséquents sur la lutte, cette stratégie est consolidée, notamment par le déploiement d’aires d’arrosage pour stocker les épicéas sains, ou l’organisation de réseaux de lutte précoce, deux actions en train d’être mises en œuvre respectivement en Grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté.

«A la faveur de températures exceptionnellement douces au cours de l’hiver 2019-2020, de nouveaux foyers révélateurs des attaques de typographe tardives de 2019 sont apparus. L’absence de gels intenses a limité le taux de mortalité des scolytes hivernant sous écorces aux stades larvaires, nymphes et adultes immatures. La succession remarquable de tempêtes au premier trimestre a causé de nombreux chablis épars aux sein des massifs forestiers, constituant autant de sites de reproduction favorables au typographe en ce printemps s’ils n’ont pas été exploités.» En quelques phrases, Mathieu Mirabel, responsable de l’antenne Bourgogne-Franche-Comté (BFC) du Département santé des forêts (DSF), dresse le tableau : de multiples facteurs se combinent pour favoriser une amplification des dégâts et une nouvelle intense pullulation de scolytes de l’épicéa (typographe) en 2020, et ceci sans même parler de l’état d’urgence sanitaire mis en place pour lutter contre le Covid-19, aux répercussions majeures sur la lutte.

Et de fait, «depuis début avril, des conditions météorologiques quasi-estivales ont engendré une reprise massive des vols de scolytes jusqu’à environ 800 m d’altitude», précise le spécialiste. «Les premières attaques sur chablis et arbres sur pied ont été détectées. Des envols de moindre ampleur ont pu être observés, y compris sur la haute-chaîne jurassienne à 1.200 m sur les versants exposés. Une vigilance renforcée doit être portée en particulier au-delà de 800-900 m d’altitude (second plateau et haut de chaîne jurassienne, massif vosgien), d’autant plus que ce printemps débute avec une sécheresse superficielle des sols d’ores et déjà très importante, et l’absence remarquable de manteau neigeux en altitude en cette sortie d’hiver renforce ce risque de stress hydrique et d’affaiblissement des pessières.» […]

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