Plan recherche et innovation 2025/ Une feuille de route pour les dix années à venir

Le 19 mai 2016

Un rapport de mission consacré à la recherche et à l’innovation dans la filière forêt-bois a été remis le lundi 9 mai au ministre de l’Agriculture et au secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il mentionne entre autres 13 propositions stratégique pour favoriser la Recherche développement innovation (RDI) dans la filière à l’horizon 2025.
Des projets identifiés que les missionnés ont voulu en cohérence avec l’action du Programme national de la forêt et du bois (PNFB), les axes stratégiques du contrat de filière du Comité stratégique de la filière bois, et dont la plupart font écho, au moins partiellement, aux propositions formulées dans le rapport de la mission « Agriculture innovation 2025 ».

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de la Forêt, l’avait rappelé le 22 février dernier lors du premier bilan d’activité du Comité stratégique de la filière bois, il souhaitait qu’un plan « innovation » à l’horizon 2025, à l’image de celui réalisé pour l’agriculture, soit décliné pour la forêt afin de disposer pour les dix ans à venir d’une feuille de route sur le lien entre les innovations et les grands enjeux du secteur. Dans cette optique, les ministres en charge de la Forêt, de l’Environnement, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de l’Economie et de l’Industrie, du Logement et de l’Habitat durable avaient confié le 22 décembre dernier une mission pour poser les bases d’un plan innovation 2025 pour la filière forêt-bois à Jean-Claude Sève, président de l’institut technologique FCBA, Antoine d’Amécourt, président de l’Institut de développement forestier (IDF), François Houllier, président de l’association AllEnvi et PDG de l’Inra, et Pierre-René Lemas, directeur général du groupe Caisse des dépôts. Les conclusions de la mission ont été présentées le lundi 9 mai à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture de l’Agroalimentaire et de la Forêt, porte-parole du gouvernement, et à Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, puis à la presse et aux représentants de la filière forêt-bois.

Renforcer le continuum RDI

La mission s’est attachée à combiner différentes sources préexistantes comme des travaux récemment conduits, notamment dans le cadre du groupe de travail «Recherche développement et innovation» (RDI) du Programme national de la forêt et du bois (PNFB) ou du CSF bois et a conduit des consultations individuelles et collectives avec les différents acteurs du secteur. Cette démarche a débouché sur deux ensembles de propositions : d’abord 13 projets de RDI regroupés selon trois grandes priorités complémentaires : accroître l’ensemble des performances du secteur par des approches systèmes, développer les usages du bois dans une perspective bioéconomique, adapter la forêt et préparer les ressources forestières du futur (lire par ailleurs : « Zoom / 13 propositions stratégiques pour la RDI dans la filière forêt-bois à l’horizon 2025 ») ; ensuite une analyse des dispositifs et instruments de financement de la RDI dans la filière forêt-bois, complétée par des préconisations : cartographie de ces dispositifs, caractérisation et développement des modalités innovantes de financement.

Quelles pistes pour financer la RDI ?

« Il existe de nombreux outils pour financer la RDI au sein de la filière forêt-bois mais peu d’entre eux sont complètement dédiés à cette filière », rapportent les missionnés dans les conclusions de leur rapport pour développer l’innovation à l’horizon 2025 dans la filière forêt-bois. « Globalement modestes, ces financements pourraient être davantage rationnalisés ou objectivés et, pour certains, accrus. » En matière d’ingénierie financière, la mission a ainsi formulé plusieurs recommandations qui portent entre autres sur la valorisation des services écosystémiques rendus par la filière forêt-bois ; l’élargissement de dispositifs innovants déjà testés au niveau régional ; le développement d’une action de recherche sur des mécanismes innovants susceptibles d’amener de nouvelles liquidités à la filière ; ou encore l’étude de mécanismes financiers permettant de dynamiser les achats de bois et contribuant à la transparence des prix, à la contractualisation et à une meilleure sécurisation des approvisionnements (Lire par ailleurs : « Zoom/ Développer les outils de financements pour la RDI »). Ces travaux ont également permis de mettre en lumière plusieurs freins au financement pour la RDI au sein de la filière forêt-bois, comme des soutiens R&D à l’usage du bois dans la construction souvent trop modestes et des obstacles à son développement trop importants pour permettre à la construction bois de jouer à plein son rôle de locomotive, ou encore les difficultés des entreprises de la filière forêts-bois à accéder aux financements de type PIA et CIR (Crédit impôt recherche) en raison de leur taille souvent de type PME.
L’ensemble de ce plan « recherche et innovation 2025 pour la filière forêt-bois », qui définit le cadre stratégique d’intervention à dix ans en matière de recherche et innovation notamment dans la perspective du déploiement de la nouvelle programmation des investissements d’avenir (PIA 3), fera l’objet d’une restitution dans le cadre du Comité stratégique de la filière bois. Les actions proposées seront suivies conjointement par les ministres en charge de la Forêt, de l’Environnement, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de l’Economie et de l’Industrie, du Logement et de l’Habitat durable dans le cadre du CSF Bois.

S.D.