L’avenir des scieries landaises en questions à Mimizan

Le 26 juin 2019
Les landais se sont bien mobilisés autour du sujet «La scierie à l’horizon 2025». Une représentation forte de tous les acteurs gravitant autour de la scierie.

L’Observatoire du métier de la scierie s’est rendu début juin dans les landes de Gascogne afin d’animer un second débat autour de la scierie à l’horizon 2025, après celui de Rhône-Alpes au mois de mars.

Invité par Fabrice Gauthier, d’Affûtage mimizannais, et par la Fédération des industries du bois de Nouvelle- Aquitaine (Fibna), Maurice Chalayer, président de l’Observatoire du métier de la scierie, a mis en débat l’avenir des scieries à l’horizon 2025 et, en particulier, celles de Landes.

Plus de 35 participants, sylviculteurs, scieurs, fabricants de matériels, CRPF, Draaf, Chambre de commerce et d’industrie, interprofession, centre de formation se sont rendus à Mimizan le vendredi 7 juin. L’amorce du débat a porté sur le constat que la crise des années 2008-2017 a rudement impacté le milieu du sciage français, et ce quelle que soit la région. Avec la perte de plus de 800 scieries entre 2008 et 2017, ce sont quelque 2 millions de m3 de sciage qui ne sont plus produits sur le territoire.

Autre constat, malgré la modernisation des scieries, le sommet des 10 millions de m3, maintenu depuis 1973, s’est abaissé cette dernière décennie pour se stabiliser aux alentours de 8 millions de m3. Une baisse qui laisse la porte ouverte aux sciages d’importation. Coup de canif supplémentaire dans le déficit de la balance commerciale estimé à -513 millions d’euros entre 2017 et 2018 pour le résineux en particulier. Le feuillus fait mieux puisque son solde est positif de quelque millions d’euros.

L’auteur de la recherche publiée dans «Les évolutions de la scierie françaises» (1) a évoqué quelques causes qui, selon lui, sont responsables d’une telle baisse de volume de production. D’abord des raisons conjoncturelles, telles que la crise économique, la chute des mises en chantier, la perte de confiance des consommateurs… Mais aussi des raisons structurelles, telles que l’arrêt de près de 80 scieries par an, le peu de reprise d’entreprises, des problèmes de recrutement, des problèmes d’acquisition de la matière première, en particulier dans le chêne, l’insuffisance de produits techniques… Des pistes de reconquête des marchés du sciage ont été tracées, avec en particulier en direction du bois raboté et des produits techniques : BMR, BMA, CLT… «Pour ce faire, il conviendra de scier davantage tout en se disant que la concentration des scieries va se poursuivre et que, à l’horizon 2025, on sera probablement à un effectif de 1.000 scieries», analyse L’Observatoire du métier de la scierie. «Dans l’hypothèse d’une reprise de volume et du retour au seuil de 10 millions de m3, il conviendrait que le secteur du feuillu, actuellement à 1,4 million de m3, passe en 2025 à 1,8 million de m3, soit une augmentation de 28%, et que le secteur du résineux actuellement à 6,8 millions de m3 passe à 8,2 millions de m3, soit une augmentation de 21%».

 Retour d’avis des participants au séminaire landais

Confronté au bilan d’une France du sciage malmenée par cette dernière décennie éprouvante, des réponses ont été données par les participants landais qui, en préambule, n’ont pas manqué de signaler que le solde de la balance commerciale est positif en Aquitaine. Cependant, il est admis par beaucoup qu’il sera difficile d’aller vers les volumes annoncés par l’étude de l’Observatoire du métier de la scierie. Tout du moins dans le secteur des Landes de Gascogne qui se relève péniblement des affres de la tempête Klaus de 2009 […]

Photo : Les landais se sont bien mobilisés autour du sujet «La scierie à l’horizon 2025». Une représentation forte de tous les acteurs gravitant autour de la scierie.

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°23…