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SA Vignon bois : des beaux produits plutôt que des gros volumes

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Le négoce Vignon bois a été créé en 1995 à Saint-Denis- lès-Bourg, dans l’Ain. A la tête de l’entreprise, David Vignon met un point d’honneur à valoriser au maximum les bois qu’il commercialise. S’il rencontre de plus en plus de difficultés pour s’approvisionner en belles billes de pieds de douglas du Haut-Beaujolais qu’il apprécie tout particulièrement, ce chef d’entreprise n’entend pas pour autant transiger avec sa vision du métier qui l’amène à toujours privilégier la qualité plutôt que la quantité.


David Vignon est un passionné du bois. Menuisier-ébéniste de formation, il crée en 1995 avec son père le négoce SA Vignon bois. «A l’époque, mon père était exploitant forestier à Ronno, dans le Haut-Beaujolais. Il faisait scier les bois durs et a souhaité trouver un local pour ouvrir un négoce. Nous avons choisi de venir nous installer à Bourg-en-Bresse. J’ai donc arrêté mon activité de menuisier-ébéniste pour créer cette société, que nous avons montée de toutes pièces puisque nous avions zéro stock et zéro client», explique le chef d’entreprise. «Au départ, mon père me vendait les grumes que je faisais scier et je travaillais au développement de la clientèle.»


Privilégier la qualité

Depuis, les choses ont bien sûr évolué et David Vignon a créé une autre société, Wood Prospect, pour effectuer ses achats de bois sur pied. Mais il n’envisage pas pour autant de voir croître toujours davantage l’organisation qu’il a bâti depuis un peu plus de vingt-cinq ans. «J’ai envie de rester à mon niveau. Si on grossit, on oublie de faire de la qualité.» Car c’est bien là sa motivation première. «Je suis un amoureux du bois. Comme je connais le métier de la menuiserie-ébénisterie, ça m’aide à faire mes billonnages. Je sais par exemple que des bois tors peuvent être utilisés dans telle épaisseur... [...] Aujourd’hui en tant que négoce, nous arrivons à tirer notre épingle du jeu parce qu’on achète les bois sur pied et nous les emmenons jusqu’au bout.» Dans ce domaine, David Vignon ne manque bien sûr pas d’exemples pour illustrer ses propos. Il cite ainsi quelques belles références pour lesquelles il a eu plaisir à fournir des bois de qualité : «Nous avons récemment acheté des belles grumes de chêne pour la réalisation d’une passerelle sur le lac d’Annecy. Nous avons aussi travaillé avec des Compagnons qui ont par exemple fabriqué des menuiseries en merisier pour les Antilles».

60 % de bois de pays 

L’entreprise vend en moyenne chaque année 60% de bois de pays, dont une majorité de feuillus. Elle commercialise également 40% de bois exotiques, qu’elle achète principalement en grumes pour les bois africains, et propose par ailleurs du négoce de sciages de bois russes. Elle évolue sur un segment qui lui permet de se différencier d’une partie des autres acteurs du marché.


Des approvisionnements compliqués

Dans ce registre, l’entreprise doit faire face à plusieurs défis, notamment en matière d’approvisionnement. Partisan d’une meilleure valorisation des belles billes de pied de douglas, David Vignon rencontre aujourd’hui de plus en plus de difficultés pour trouver sur le marché les sujets qui l’intéressent. «Je vois d’année en année que la qualité baisse. Le douglas devient une matière rare. Comme je faisais beaucoup de plots, j’ai du mal à trouver des belles grumes de 4 ou 5 m3 de moyenne. Il y a beaucoup de demandes et les transformateurs ont installé des unités pour scier du petit bois. On ne laisse plus grossir les arbres qui sont coupés autour de 0,8 m3. Pour les chênes, les exportations vers la Chine poussent aussi à abattre des arbres de plus en plus petits. Tous les pays africains auront l’obligation de n’exporter que des bois sciés à partir de la fin de l’année et en Europe nous laissons partir des grumes non transformées alors même que nous avons des difficultés pour faire travailler nos entreprises locales. Qu’on envoie des produits sciés certes, mais pas de la grume.»

Le Covid-19 change la donne

Comme nombre de ses homologues de la filière, David Vignon doit par ailleurs composer avec les évolutions de conjoncture directement liées aux conséquences de l’épidémie de Covid-19, et notamment une matière première qui se raréfie sur le marché et des prix qui flambent depuis quelques mois. «Dans le bâtiment, nous n’avons pas senti l’effet Covid. A mon avis parce que nous restons une petite entreprise. Nous avons pu continuer à servir nos clients. Par contre, nous sommes inquiets en ce qui concerne les approvisionnements, que ce soit aux plans national ou international. Aujourd’hui, c’est plus compliqué d’acheter que de vendre. Les scieurs nous annoncent par ailleurs des délais de livraison de huit à dix semaines.»


Des prix à la hausse

Depuis quelques semaines, David Vignon voit émerger une nouvelle demande émanant d’entreprises à la recherche de solutions pour s’adapter aux évolutions de conjoncture directement liées aux conséquences de l’épidémie de Covid-19. «Nous avons de nouveaux clients tous les jours parce qu’il y a cette pénurie de bois qui s’installe.» Dans un tel contexte économique, les cours sont bien sûr orientés à la hausse. David Vignon situe cette augmentation entre 5 et 10% sur un an. A l’exception du merisier a priori un peu moins à la mode en ce moment, toutes les essences sont concernées. «Les deux essences principales en bois durs restent le chêne et le frêne.»

Maintenir le même cap

Fidèle à sa vision du métier, Vignon bois s’applique à maintenir le cap qui fit son succès jusqu’ici. «Nous présentons des photos de nos produits, nous misons aussi beaucoup sur les essais. En général, lorsqu’un client travaille nos produits, il gagne du temps sur son débit, il améliore son rendement.» L’entreprise travaille principalement avec des menuisiers, des ébénistes, des agenceurs, des négoces grand public, des paysagistes, mais aussi des fabricants de meubles à l’export et quelques particuliers. En France comme à l’international où ils réalisent tout de même 20% de leur chiffre d’affaires, David Vignon et son équipe de quatre salariés se sont fixé une seule règle... «vendre du bois noble !».

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°14… 

 

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