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La scie à chaîne : premier maillon de la mécanisation forestière

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Âgé de 73 ans, Jean-Claude Serres a grandement contribué à la formation forestière, notamment en tant qu’en enseignant au lycée de Crogny ou comme formateur tempête de la DRAAF. Sa passion pour les tronçonneuses vient de son grand-père et arrière-grand-père qui ont utilisé dans les années 30 l’historique modèle C de Dolmar. Il se souvient aussi de son père, prisonnier de guerre en Allemagne, qui a travaillé sur des tronçonneuses allemandes jusqu’à la fin de l’année 1942.

Le Bois International - Quelles sont les grandes évolutions du bûcheronnage de 1930 à 1945 ? Que dire de l’apparition des tronçonneuses ? Quelles étaient les techniques utilisées jusqu’alors et ont-elles perdurées ? Quel a été l’impact de la seconde guerre mondiale ?

Jean-Claude Serres : Il est bon de rappeler que les premières tronçonneuses ont été conçues à partir de 1925 en Europe et un peu plus tôt en Amérique du Nord. En Amérique du Nord, il s’agissait surtout d’outils difficilement transportables, fonctionnant avec des moteurs à pétrole, ou avec l’aide de chaudières roulantes alimentées au bois et produisant de la vapeur.

En 1925, Stihl conçoit une première tronçonneuse diesel brevetée en 1929 et jamais commercialisée avant d’élaborer en 1926 une tronçonneuse à moteur électrique destinée aux parcs à grumes fonctionnant sur 380 V.

En 1927, Dolmar propose la tronçonneuse moteur thermique modèle A reposant sur trois pieds, destinée aux parcs à grumes, difficilement transportable en forêt. En 1929 Dolmar présente sa tronçonneuse à moteur thermique modèle C transportable en forêt mais uniquement pour tronçonner, car le carburateur à flotteur ne permet pas de mettre le moteur à plat.

C’était pour l’exploitation forestière un premier grand pas. On pouvait tronçonner certes, mais aussi faire les verticales des empattements, le reste se faisant toujours à la hache et l’abattage au passe-partout.

Dans les années 30, on peut désormais abattre grâce à ces tronçonneuses à deux hommes qui pesaient entre 40 et 55 kg ! Fort gourmandes en carburant, la première lubrification des chaînes était manuelle : c’était l’utilisateur qui se trouvait en bout de guide qui avec le pouce injectait l’huile sur la chaîne. Il était possible de desserrer le collier d’embrayage et de faire pivoter le guide avec l’angle souhaité, pour faire les entailles et les traits de coupe.

A la veille de la seconde guerre mondiale, l’exploitation forestière en France était «pour l’époque» importante et bien portante. Bien sûr, les tronçonneuses n’étaient pas très nombreuses et les passe-partout étaient majoritaires. Le coût d’achat des tronçonneuses était très important, et il faut aussi dire que la plupart des bûcherons n’étaient pas en capacité de comprendre le fonctionnement des matériels. Ils excellaient à la hache et à la scie mais beaucoup éprouvaient de la crainte envers ces nouveaux matériels. De plus beaucoup n’avaient pas les moyens de pouvoir les transporter.

Pendant la période d’occupation de la France, l’abattage à la tronçonneuse s’est peu à peu arrêté par manque d’approvisionnement en carburant. A cette époque, en Amérique du Nord, des tronçonneuses d’une autre génération ont été fabriquées. Par exemple, la firme Industrielle Disston met sur le marché des tronçonneuses à deux hommes équipées d’un moteur bicylindre Mercury avec une vitesse de coupe plus importante et des blocs en aluminium, alors qu’en Europe nous étions encore avec de la fonte. Le poids à puissance et cylindrée égale passe de 50 kg à 28 kg.

Pendant le conflit de la seconde guerre mondiale, ces tronçonneuses ont été parachutées pour aider les maquis. Cela permettait d’obstruer les voies d’accès. Dans une boîte de parachutage il y avait une cantine militaire contenant : Le moteur de la Disston, son guide, sa chaîne, un bidon en plomb de 10 litres de carburant et un autre de 5 litres d’huile de chaîne. Hélas, les notices d’utilisation étaient en anglais : si dans le groupe des maquisards il n’y avait pas de personne quelque peu lettrée, ces tronçonneuses étaient laissées de côté…

Lire la suite dans notre Rendez-Vous de la Méca n°117, "90 ans du Bois International, 90 ans d’innovations en machinisme"…  

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