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FNEDT : agir face à la flambée des prix et aux difficultés de recrutement

« Nous devons faire comprendre aux entreprises qu’elles doivent répercuter les hausses de charges », a insisté Gérard Napias.

Crédit photo F.Hermann

Les entrepreneurs de travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF), réunis au sein de la Fédération nationale entrepreneurs des territoires (FNEDT) montent au créneau face à la hausse des prix du matériel et du carburant mettant en danger leurs entreprises, qui par ailleurs peinent à recruter dans certains territoires. Ils vont se retrouver au salon des ETA puis à leur congrès annuel pour discuter du réajustement de leurs prix, des dispositions fiscales sur les taxes sur le carburant, des mesures visant à rendre attractifs leurs métiers, ont-ils annoncé lors d’une conférence le 23 novembre 2021. 

Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT), Philippe Largeau, premier vice-président délégué, Martine Perrin, secrétaire générale, se sont exprimés sur les dossiers d’actualité de la fédération lors d’une conférence de presse organisée le 23 novembre 2021. À l’ordre du jour, d’une part la flambée des charges de mécanisation des entreprises et la décrue des aspirants à l’emploi, deux défis auxquels doit faire face la corporation sous peine de décliner. D’autre part, les deux rendez-vous à venir au cours desquels les adhérents vont pouvoir mettre en œuvre des solutions (notamment vis à vis du recrutement) et se concerter plus avant pour relever ces défis.

Travailleurs demandés

Le nombre d’entrepreneurs de travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF) a passé pour la première fois depuis 2016 la barre des 21.000 entreprises sur le territoire national en 2020. Un tiers environ de celles-ci sont des entreprises de travaux forestiers (ETF).

Le nombre de travailleurs en ETARF reste, quant à lui, globalement stable avec 105.936 travailleurs contre 105.463 en 2019, selon le tableau de bord national de l’emploi développé par la FNEDT et la CCMSA qui regroupe les chiffres de l’emploi salarié et l’activité des non-salariés dans les ETARF (et dont la dernière mouture date de novembre 2021). Ces travailleurs occupent près de 26.000 emplois permanents et près de 85.000 emplois saisonniers, ce qui représente 33.655 équivalents temps plein.

Des recrutements compliqués

L’un des constats sur lequel ont insisté les orateurs de la conférence du 21 novembre est celui de la difficulté de recrutement. Ils ont souligné que certaines entreprises vont jusqu’à limiter leur activité pour s’adapter à la main d’œuvre disponible. La situation est en réalité disparate selon les territoires et les spécialités, les ETA des régions Occitanie, Île de France, Hauts de France et Nouvelle-Aquitaine ayant particulièrementperdu des salariés (pertes entre 4 et 8%).

Pour les ETF, une tension est apparue en lien avec les besoins en reboisement, faisant suite aux aides accordées dans le cadre du plan national de relance pour le reboisement des parcelles ayant subi les attaques de scolytes, situées surtout dans l’Est du pays : il serait nécessaire de doubler les emplois en travaux sylvicoles, a-t-il été souligné lors de la conférence. Ce sont en effet 70 % des travaux de sylviculture-reboisement (et 80 % des travaux d’exploitation) que réalisent les ETF, pour le compte de propriétaires forestiers, de coopératives, d’exploitants-négociants, d’industries du bois, de l’Office national des forêts, de communes.

Une convention collective nationale pour les ETARF

Le salon des ETA sera une bonne occasion pour la FNEDT et ses adhérents de promouvoir leurs métiers, de concert avec les centres de formation. « Nous nous appuyons sur les organismes de promotion des emplois pour augmenter l’attractivité de nos métiers », ont noté président et vice-président de la FNEDT, soulignant qu’aujourd’hui, avec le déploiement de systèmes embarqués, le niveau de compétences requis pour les conducteurs d’engins est élevé. Le thème de la santé au travail est un thème majeur de la fédération, ont rappelé les intervenants.

Par ailleurs, sur le sujet de l’emploi, ils ont aussi souligné que les ETARF ne bénéficient pas de l’exonération de cotisations sociales sur les travailleurs occasionnels. Et rappelé que les ETARF ont signé en 2020 leur propre convention collective nationale, qui a été appliquée au 1er avril 2021.

Charges de mécanisation déplorées

Le sujet « brûlant » pour les ETARF est celui de la flambée des prix : prix du matériel, prix du carburant. « Le prix de l’acier a augmenté de 80 % au premier trimestre de cette année », a rappelé Gérard Napias. « Cela a induit des hausses de prix du matériel, de l’ordre de 20 à 25 %, et l’augmentation des délais de livraison, qui sont passés de 2 à 3 mois à 8 à 12 mois ! Les fournisseurs sont eux-mêmes très embêtés. »

Hausse pour les machines, pneus, carburant... Cela devrait inciter les ETARF à augmenter leurs prix, a noté le président, mais trop peu le font effectivement. « Nous devons faire comprendre aux entreprises qu’elles doivent répercuter les hausses de charges », a-t-il insisté. Opération il est vrai difficile pour cette fin d’année pour des travaux dont les contrats ont été signés antérieurement, et exempts de clause générale et obligatoire d’indexation du prix du carburant dans les marchés. C’est la raison pour laquelle la FNEDT, après que le prix du gazole non routier (GNR) indispensable aux travaux agricoles et forestiers a monté de 40 % ces derniers mois, a demandé l’anticipation au 1er janvier 2022 du remboursement partiel de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, ex TIPP) sur le gazole non routier (le remboursement de la taxe est versé normalement le 1er mai de l’année suivante, voire plus tardivement ces dernières années).

Un comité de filière pour l'agroéquipement

L’importance des charges liées à l’équipement préoccupe la FNEDT, qui envisage la création d’un comité de filière pour l’agroéquipement, suite à la publication du rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur « Les charges de mécanisation des exploitations agricoles », publié le 13 septembre 2021.

Les gains de productivité sont sans cesse rognés par la hausse du prix de vente et d’entretien des machines agricoles et forestières, y a-t-il été mis en évidence. Les ETARF veulent réfléchir avec les constructeurs, distributeurs, clients à la façon d’optimiser les charges de mécanisation, d’adapter les machines (abandon des plus grosses ?).

En dépit du fait que concilier des points de vue au cours de 40 réunions réunissant chacune 70 personnes en visio-conférence est un défi ambitieux, la FNEDT voit dans les Assises de la forêt un lieu où plaider notamment en faveur de la revalorisation des prix, et où aborder le thème des attaques verbales et des incendies de machines auxquels la corporation doit faire face.

La FNEDT aux Assises de la forêt

Dans le cadre des réunions générées par la mise en place d’Assises de la forêt par plusieurs ministères, la FNEDT fait valoir les points suivants : La reconnaissance des compétences des ETF et de leurs salariés ; L’égalité homme/femme dans les Entreprises de travaux forestiers ; La lutte contre les dégradations commises sur les machines forestières et sur les chantiers ; Le maintien des budgets d’aides à l’acquisition de matériels d’exploitation et des aides à l’acquisition d’équipements pour l’exploitation à faible impact et l’amélioration de l’ergonomie et de la sécurité des opérateurs ; La reconnaissance aux ETF d’un rôle de sentinelle de la forêt ; La rémunération positive des pratiques d’exploitation à impact réduit des ETF ; Des prix de prestations qui couvrent les charges, les risques et assurant un bénéfice aux ETF ; Un dialogue social constructif dans le secteur des ETF ; La reconnaissance de la pénibilité du travail manuel en forêt et le financement de la retraite anticipée ; La réduction du nombre d’accidents dans les travaux forestiers.

Deux rendez-vous des ETARF à venir

Les deux prochains rendez-vous professionnels des ETARF, à savoir le Salon des ETA 2021 qui se tiendra les 14, 15 et 16 décembre prochain au parc des expositions de Tours et le 88e Congrès national EDT qui aura lieu les 17 et 18 février 2022 à Blois, seront l’occasion pour la FNEDT et ses adhérents de mettre en œuvre et de réfléchir à des actions pour pallier les difficultés de recrutement. Déjà depuis de nombreuses années, la fédération travaille sur l’attractivité et l’image des métiers en ETARF, et l’identification des leviers pour attirer les jeunes. Un pôle recrutement sera organisé au salon des ETA, animé par de nombreux partenaires : Anefa, Aprodema, Apecita, Ocapiat et MFR de Bressuire. Une table ronde débat « Comment faire face aux difficultés de recrutement ? » sera proposée durant le prochain congrès EDT.

« Nous devons faire comprendre aux entreprises qu’elles doivent répercuter les hausses de charges », a insisté Gérard Napias.
Crédit photo : F.Hermann

 

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