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Sciages résineux : vers une hausse des prix en France ?

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A l’heure où certains acteurs économiques s’inquiètent de possibles pénuries en matière d’approvisionnement (BTP), la Fédération nationale du bois propose une autre lecture de la situation. Pour elle, la disponibilité du bois n’est pas en cause. L’organisation professionnelle pointe en revanche du doigt des cours de sciages résineux qui ne permettraient pas à la France de capter suffisamment l’offre disponible dans un contexte d’augmentation de la production mondiale. Elle appelle donc de ses vœux une hausse des prix pour remettre le marché français au niveau de ses homologues européens.


Comme en Allemagne ou en Belgique, les cours des sciages résineux afficheront-ils en France dans leS prochains mois des taux de progression à deux chiffres ? C’est en tout cas l’attente qu’exprime la Fédération nationale du bois (FNB) dans le compte-rendu de la dernière réunion de sa commission «sciages résineux» diffusé le 9 mars. «Avec des stocks très bas dans toutes les scieries et des carnets de commandes très remplis, une revalorisation des cours doit être envisagée à court terme pour restaurer l’attractivité du marché français où la hausse des cours est l’une des plus modérées si ce n’est la plus faible du marché européen. Pour Q4 2020 la hausse des sciages résineux est de +2,8% – source CEEB –, contre +10,5% à 14,3% en Allemagne. Pour Q1 2021 la hausse estimée en France est de +8% contre +20% en Belgique», écrit l’organisation professionnelle. [...]

«La France connait un phénomène singulier avec des importations qui diminuent car les pays exportateurs trouvent en ce moment meilleure rémunération dans d’autres pays. Une hausse des prix est nécessaire pour remettre la France au niveau des marchés européens afin de corriger les écarts entre offre et demande et restaurer son attractivité. La consommation mondiale de sciages résineux et la demande à venir reposent sur des fondamentaux solides – hausse de la construction aux USA, reprise de l’activité économique en Europe, demande croissante en Chine, progression des parts de marché du bois –, et la situation en termes d’approvisionnement devrait rester tendue tout au long du premier semestre 2021 pour se stabiliser progressivement au cours du second semestre mais sur des niveaux de prix revalorisés. Nous conseillons aux scieurs, transformateurs, fabricants et reconditionneurs de palettes et d’emballages bois de maintenir un dialogue permanent avec leurs clients et de s’assurer qu’ils sont bien informés sur cette situation.»

Si la FNB conseille aux professionnels de bien expliquer les raisons de ces évolutions conjoncturelles, c’est qu’elle sait aussi qu’en aval des activités de récolte et de transformation du bois, un certain nombre d’acteurs économiques s’interrogent sur la possibilité d’accéder à suffisamment de matière première dans les prochaines semaines. «La très forte disponibilité forestière mondiale tout comme l’offre en sciages ne montrent pas de signes de pénurie. En revanche le Covid a fortement perturbé l’approvisionnement des marchés et allongé les délais de livraison.» Pour la FNB, la situation actuelle n’est donc pas le fruit d’une diminution ou d’un manque d’accès à la ressource, mais de décalages, notamment au niveau des stocks des entreprises, induits par plusieurs perturbations constatées sur les marchés à l’échelle mondiale.


Amérique/Europe : deux situations différentes

Dans ce registre, l’organisation professionnelle souligne qu’il est important de bien dissocier l’analyse des tendances sur le marché nord-américain de celles observées sur les marchés européens, «dont les dynamiques d’évolution des prix sont très différentes et surtout moins extrêmes. [...] La consommation américaine a toujours reposé sur une production nationale et une importation essentiellement en provenance du Canada. Lors du premier confinement, la fermeture des scieries canadiennes (50%) et américaines (35%) a entrainé une baisse des disponibilités sur le marché US qui s’est heurtée à une demande plus forte qu’antici- pée. Combinés à des intempéries d’une rare intensité (24 ouragans, feux, sècheresse, froid...) et à des difficultés logistiques iné- dites liées au Covid (employés malades...), 


les délais de livraison se sont allongés et les prix ont fini par s’envoler. Un recours massif à l’importation est alors activé pour satisfaire la demande. [...] Les prix ont été multipliés par 3. Des prix supérieurs à 1.000 USD/Mbf sont rapportés. Il faut remonter à la période de la grippe espagnole en 1920 ou l’après seconde guerre mondiale pour observer une telle flambée des cours. [...] Les niveaux de prix aux USA ont entrainé un arrêt des exportations américaines et canadiennes sur le marché mondial, Chine en particulier, amplifiant la demande pour les sciages européens et provoquant une hausse tarifaire au niveau mondial».

Si les fluctuations enregistrées en Amérique du Nord ont donc effectivement eu un impact en Europe, la FNB souligne que, de l’autre côté de l’Atlantique, l’épidémie de Covid-19 a toutefois eu des conséquences différentes sur les comportements. «Malgré quelques fermetures en mars/avril 2020, les grands pays producteurs ont maintenu leur production (Suède) voir l’ont même augmenté (Allemagne, Autriche, France, ...). [...] La chute des commandes françaises lors du premier confinement en mars 2020 suite à l’arrêt brutal et désordonné des chantiers du bâtiment a également obligé les producteurs français de sciages tout comme leurs homologues européens à chercher dans l’urgence d’autres marchés de secours à l’export pour assurer un débouché à leurs productions, que ce soit en Europe mais surtout sur les marchés internationaux comme les États-Unis ou la Chine. Ces marchés très demandeurs se sont poursuivis par la suite malgré la reprise en Europe, d’autant plus que les prix pratiqués étaient bien plus rémunérateurs et les caractéristiques mécaniques prévalaient sur l’aspect esthétique. La certification des sciages pour les USA a même été suspendue. Malgré une demande européenne en hausse, l’Eu- rope est ainsi devenue en quelques semaines le premier exportateur mondial de sciages de résineux.» La FNB recense par ailleurs plusieurs bouleversements qui prochaine- ment peuvent expliquer un allongement des réponses aux commandes déjà prises par les entreprises ou les difficultés rencontrées par les scieries pour reconstituer leurs stocks minimum : forte hausse des coûts d’acheminement et des taux de fret, retard de transport, embouteillage dans les ports mondiaux, augmentation du prix des grumes de sciages en Scandinavie et en Europe centrale...


France : capter l’offre disponible


Dans ce contexte, quid de la situation en France ? «La production mondiale de sciages de résineux progresse en raison d’une demande dynamique mais elle est accaparée par les pays les plus attractifs. Le marché français doit saisir sa chance pour capter l’offre disponible», explique la FNB. «Les échanges intra européens de sciages résineux sont en progression de 2% soit +500.000 m3. Il y a donc du disponible supplémentaire. L’Espagne et l’Italie, deux pays fortement touchés par le Covid, ont vu leurs importations diminuer. Tous les autres pays européens consommateurs de bois, hormis la France, ont augmenté leurs importations y compris sur la fin de l’année.

Les importations françaises, après avoir reculé de 1,5% en 2019, ont chuté de 4,5% de janvier à novembre 2020. Certains pays fournisseurs comme la Suède ont maintenu leurs volumes mais la majorité des autres pays ont trouvé d’autres marchés plus rémunérateurs et surtout moins «picky» : Allemagne (-4,3%), Finlande (-9,4%), Belgique (-8,6%), Lituanie (-27,9%)... Cette chute des importations est encore plus prononcée concernant les sciages bruts de sapin (-5,7%) et les sciages de résineux bruts (-11,7%) en raison des bois scolytés qui peuvent affecter l’aspect visuel des sciages alors qu’ils conservent toutes leurs qualités structurelles.

Afin de répondre à la demande en 2020, les scieries européennes ont puisé dans leurs stocks qui n’ont pas pu se reconstituer en ce début d’année. Les carnets de commande se sont rallongés au point que certaines scieries européennes ne prennent plus de commande sur le mois de mars. [...] Les scieries françaises et unités de transformation travaillent à près de 110% de leur capacité nominale – soit environ le double de la hausse de la consommation nationale –, pour satisfaire leurs clients historiques et servir leurs nouveaux clients en panne d’approvisionnement à l’importation.»


Les fluctuations de cours induites par cette situation sont vraisemblablement appelées à s’étendre à de nombreux secteurs d’activité, y compris celui de la palette. Relayant les propos de la Fefpeb dont elle est membre, la FNB précise ainsi que de nouvelles augmentations de prix dans la palette et l’emballage en bois semblent «inévitables». Depuis quelques semaines, la hausse de la demande suscitée par la reprise d’activité dans la construction et l’industrie engendre notamment une nouvelle pression sur le marché des sciages à palettes.

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°11… 

 

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