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Réflexion sur l'engagement et le maintien sur le long terme d'une plantation en mélange d'essences

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L'article n'a pas la prétention de fournir la solution adaptée et imparable à la mise en œuvre de l'ensemble des plantations d'essences mélangées. Il est construit, à la fois, sur des données scientifiques et techniques reconnues, de diffusions encore très éparses, et sur la base de nombreuses observations empiriques faites par des forestiers et issues de mon expérience personnelle. Il a donc essentiellement une vocation pédagogique basée, dans un premier temps, sur l'acquisition de connaissances fondamentales et, dans un second temps, susceptible d'alimenter la réflexion personnelle ou collective, professionnelle ou non, de passionnés dans tous les cas.

Les mélanges d'essences, au sens large du terme, ont le vent en poupe ; qu'il s'agisse d'une « réconciliation » avec la biodiversité, de la gestion irrégulière des peuplements forestiers ou de préoccupations économiques, environnementales ou encore climatiques, les projets de régénérations artificielles élaborés à l'aide d'essences locales ou parfois lointaines bénéficient d'une forte progression ; les diverses aides financières ne sont pas étrangères à ce regain d'intérêt.

Cependant, les régénérations artificielles sont émaillées de nombreux échecs. Aux récurrents problèmes liés à la préparation des plants sur le site même du projet (pseudo « habillage » du système racinaire), à leur conservation (sachets en plastique plutôt que jauge linéaire) et, surtout, à leur mise en terre (plantation à la fente à la place du potet) (B. GENERE 1997), s'ajoutent de nombreuses difficultés de reprises de croissance (signe d'activité biologique), de développement (élongation verticale et latérale), d'incompatibilités entre espèces (avec espèces ligneuses comme semi-ligneuses et herbacées) et, malheureusement, encore d'absence de suivis (gestion sur le long terme et entretiens sylvicoles). Cette liste n'est malheureusement pas exhaustive.

Pour information, le Département santé des forêts indique dans son rapport de mars 2021 que les années 2018-2019 et 2020 accusent le plus mauvais taux de réussite des plantations forestières depuis 2007. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, le climat vient jouer les trouble- fête avec son lot de gelées tardives, de sécheresses, de canicules et de modifications des rythmes et des durées des feuillaisons.

Volontairement je n'ai pas fait mention de l'équilibre faune-flore, sans lequel tout projet de régénération artificiel est, soit voué à l'échec, soit, tout au plus, réduit à sa plus simple expression grâce aux moyens de protection qui demeurent toujours extrêmement coûteux ; le recours aux protection multiplie généralement par deux le coût initial d'un reboisement. Mais ne nous laissons pas gagner par le pessimisme car il existe de nombreux leviers pour inverser la tendance.

Les mélanges des essences

Les clés de la réussite des plantations en mélanges d'essences reposent essentiellement sur des connaissances fondamentales, un peu de modélisation, des schémas de plantation rigou- reux, un suivi régulier basé sur l'observation, quelques contrôles et la pratique de travaux sylvicoles extensifs ainsi qu’enfin sur une traçabilité écrite et/ou photographique, à tout point de vue transmissible.

Petit avertissement : les mélanges d'essences en plantation s'inscrivent obligatoirement dans une dynamique naturelle de croissance et de rapports de force entres tiges et entre espèces ; cette « logique de dynamique » fluctuante, parfois instable mais toujours déroutante se traduit inéluctablement par une réduction, d'abord qualitative puis numérale des protagonistes ; à nous de relever le défi et de faire en sorte que cette réduction ne se fasse plus, ni au détriment du mélange (réduction du nombre d'espèces), ni au détriment de la qualité des tiges, mais uniquement en nombre d'individus à concurrence d'un seuil que nous fixerons selon les objectifs propres à chacun de nos projets.

Quelques fondamentaux particulièrement utiles dans la mise en œuvre des plantations en mélange d'essences

A) L'identification stationnelle :

La bonne connaissance des stations est une étape primordiale dans tous les projets de régénération et à plus forte raison en reconstitutions artificielles.

L'utilisation des guides pour l'identification des stations, publiés en version « simplifiée », vous sera d'une aide précieuse ; leur exploitation nécessitera la possession de quelques connaissances fondamentales en botanique (plantes caractéristiques), en géologie (roches mères), en pédologie (différences entre sables, limons, argiles et entre structures et textures...) ainsi qu'un bon sens de l'observation (lecture des paysages, adéquation entre hauteur des arbres et fertilité du sol). La navigation au sein des clés de détermination de cet outil d'aide à la décision vous paraîtra très rapidement ludique et familière.

De plus en plus de régions naturelles sont couvertes par ces guides ; à titre d'exemple vous trouverez une adresse internet en fin d'article.

Retrouvez l'intégralité de l'article dans La Forêt Privée n°380. Abonnez-vous ! 

Auteur

  • François Moyses, Ingénieur forestier et formateur

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