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Petits carnivores de nos forêts : leurs apports et comment les favoriser par la sylviculture

Blaireau d’Europe. 

Crédit photo Alain Persuy

Jadis, selon les historiens, la sylve française s’étendait des frontières du Nord à celles d’Espagne : une immense forêt, essentiellement feuillue, alors dense manteau végétal riche en essences diverses et en une faune complète d’herbivores et de carnivores… En subsistent quelques pans, certains non négligeables, et le reste d’une population animale précieuse.

Parmi les grands prédateurs indispensables aux équilibres écologiques, alliés notoires des forestiers dans la maintenance d’une forêt pérenne, s’illustrent l’ours, le loup, et le lynx ; aucun d’entre eux, toujours ou à nouveau présent, n’est en très bon état démographique. Des régions entières en sont démunies, ce qui souligne le problème de l’équilibre entre la densité des grands herbivores et les capacités de régénération et résilience des massifs, et l’urgence d’une politique intelligente de gestion des espèces...

Parmi les petits carnivores, aux rôles tout aussi importants, le chat sauvage ou sylvestre, lui aussi protégé, demeurant en petit nombre dans quelques régions, l’Est, le Massif Central, essentiellement ; le goupil, désormais appelé le renard, persécuté malgré les milliers de campagnols et autres rongeurs qu'il consomme chaque année, épargnant ainsi maintes graines et semences, pousses et repousses ; la genette, secrète et méconnue, dont l’existence atteste d’une naturalité demeurée : rochers, milieux humides, buissons, espaces sauvages et tranquilles ; la martre des pins, moins habituellement sa cousine la fouine, elle aussi encore détruite sans égards pour son utilité dans le contrôle des petits rongeurs, notoirement en forêts résineuses et mixtes ; mais encore le blaireau, victime d’une boucherie sans nom ou plutôt appelée déterrage, carnivore à ses heures ; belette et hermine sont très peu forestières, mais peuvent s’y observer ponctuellement, de même que le putois, en forêts alluviales et zones humides...

Toutes ces espèces, normalement présentes en nos forêts si tant est que ces dernières ne soient pas devenues artificialisées à l’excès, participent au bon état écologique des peuplements ; gérer un massif, c’est également en comprendre, en gérer toutes les composantes biologiques, dont celles-ci, dont les rôles vont vous être détaillés ci-après.

Les petits carnivores en forêt

Situation juridique actuelle

Blaireau d’Eurasie (Meles meles)

Le blaireau n’est plus classé « nuisible » : son piégeage, comme sa destruction par gazage ou par empoisonnement, sont interdits. Sa chasse reste autorisée partir (mais celui-ci est peu pratiqué) et par déterrage. La période d’exercice de la vénerie sous terre, ou déterrage, débute le 15 septembre et s’achève le 15 janvier. Néanmoins, le préfet peut autoriser la vénerie sous terre du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai et jusqu’au 15 septembre.

C’est ainsi l’espèce qui souffre de la plus longue période de chasse en France. Selon la plus récente enquête conduite par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)‒ intégré depuis au sein de l’Office français de la biodiversité (OFB) ‒ sur les tableaux de chasse, en 2013-14 ce sont 22.045 blaireaux qui ont été tués.

Renard roux (Vulpes vulpes)

Le renard est une espèce chassable, mais aussi une espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) et à ce titre il peut être détruit partir, piégeage ou déterrage, même en-dehors de l’ouverture de la chasse. Il est actuellement classé ESOD dans tous les départements à l’exception de la région parisienne et de la Corse-du-Sud. Selon les plus récentes enquêtes conduites par l’ONCFS, 430.358 renards ont été tués par la chasse en 2013-14 et 68.351 renards ont été tués par piégeage en 2012-13. Il n’existe pas de données nationales sur les destructions par tir ni par déterrage, car les chasseurs n’ont pas l’obligation légale de transmettre ces chiffres.

Martre des pins (Martes martes)

La martre est une espèce chassable, mais aussi une espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) et à ce titre elle peut être détruite partir ou piégeage endehors de l’ouverture de la chasse. Elle est actuellement classée ESOD dans 29 départements. 

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