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Monopoles technologiques, covid-19 et filière bois

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Crédit photo Sylvain Caurla - Laboratoire d'économie forestière - 2016
La crise du covid-19 a révélé le danger des fonctionnements mondialisés et des monopoles technologiques. En France, elle a généré des critiques de la mondialisation, dont l’écho s’est ensuite affaibli. Aux États-Unis, de récentes interrogations soulevées au Sénat et au Congrès américain les relancent, que le secteur bois peut utiliser à des fins prospectives.

Le 10 juin dernier, cinq sénateurs américains réunis autour de la sénatrice républicaine Marsha Blackburn ont, lors d’une conférence de presse, accusé de collusion les plateformes numériques et les entreprises des biotechs suite à la diffusion au public (grâce à la loi Freedom of Information Act) de plus de 3.000 courriels privés, écrits entre janvier et juin 2020 par le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIH/NIAID) des États-Unis, devenu conseiller du gouvernement face au covid-19.
À priori cette guerre de l’information n’a rien à voir avec la filière forêt-bois. Pourtant, si le Covid 19 a fait naître des discours et initiatives en faveur de la démondialisation, la mondialisation est toujours à l’honneur, bien sûr en matière de politiques de santé, ou d’usage du numérique, mais aussi par exemple, dans le secteur de la construction, les flux de bois (parmi d’autres) s’étant recombinés au niveau mondial depuis un an. Il n’aura pu échapper non plus aux forestiers et transformateurs du bois que les biotechs appliquées à la filière bois sont à l’honneur depuis quelques temps dans les politiques publiques du niveau européen au niveau régional, portées par des consortium des «industries bio-basées». Et qu’un narratif tend à s’imposer au sujet des bienfaits climatiques des produits issus de la déconstruction du bois (bio-plastiques, bio-carburants), quand ce type d’industries sont, de l’avis même de certains scientifiques, de durabilité faible (voir l’illustration ci-jointe). Bien promue, cette bioéconomie n’est-elle pas susceptible de prendre la place de l’économie actuelle du bois ? «La puissance des plateformes d’information associée aux intérêts bien pensés des industriels des biotechs est capable de modeler les politiques de santé», affirment en substance les sénateurs américains évoqués plus haut au sujet de l’actuelle crise du covid-19. Pourrait-elle aussi modeler les forêts ? De potentiels effets délétères sur celles-ci – et sur les PME du bois non financiarisées – d’une économie influencée par le couple géants des biotech/géants du numérique ne doivent-ils être anticipés (et palliés) ? Impossible de ne pas se poser la question aujourd’hui !
Un exemple d’emprise susceptible de toucher tout entrepreneur concerne le commerce en ligne. La crise du covid 19 a dynamisé la vente via les plateformes détenues par des géants des technologies numériques, lesquels ont aussi le monopole de l’information sur les produits ! Cette situation peut-elle profiter aux PME ? Vraisemblablement non. C’est l’avis exprimé par David Cicilline, président du comité anti-trust qui s’est constitué au Congrès américain : «À l’heure actuelle, les monopoles technologiques non réglementés ont trop de pouvoir sur notre économie. Ils sont dans une position unique pour choisir les gagnants et les perdants, détruire les petites entreprises, augmenter les prix des consommateurs et mettre les gens au chômage [...] Notre programme uniformisera les règles du jeu et garantira que les monopoles technologiques les plus riches et les plus puissants respectent les mêmes règles que le reste d’entre nous». Ce comité a en effet déposé ce mois de juin à la Chambre des représentants des projets de loi visant à limiter le pouvoir et la domination des marchés numériques des « Big Tech » (entreprises ayant 500.000 utilisateurs mensuels ou plus et une capitalisation boursière de 600 millions de dollars). Le groupe des sénateurs a lui appelé à la mise en place d’une enquête par le comité permanent du Sénat des États-Unis.

Auteur

  • Fabienne Tisserand

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