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Modifier ses pratiques sylvicoles est devenu prioritaire et incontournable... (1/2)

Crédit photo F. Moyses

Cette première partie de l’article porte sur la contextualisation et l’évolution des pratiques sylvicoles au sein des phases juvéniles de croissance et de développement des tiges et des collectifs de tiges.

La forêt se trouve de plus en plus au centre de nos préoccupations pour nous professionnels ou simples visiteurs car sa santé, son intégrité et même sa pérennité sont mises à mal par un nombre grandissant de bouleversements.

Ce à quoi nous sommes confrontés actuellement est brutal, rapide et très déstabilisant. Nous sommes tous plus ou moins sidérés face à l’ampleur des phénomènes et le pessimisme aurait tendance à nous gagner pour ensuite brouiller les messages, perturber la communication et parfois précipiter certaines décisions !

Toutefois ces bouleversements ne sont pas uniquement synonyme de catastrophes mais parfois d’heureuses prises de conscience et de remises en cause salutaires ; n’oublions pas que certaines perturbations, aux conséquences économiques toutes relatives, ont toujours permis à de nombreuses essences de réapparaître au sein d’écosystèmes dont l’hétérogénéité spatiale est ainsi conservée (B. PIERA 1995).

Parmi les préoccupations citons la disparition quasi complète et rapide des pessières de plaine, la redistribution locale voire géographique de certaines essences, la dangerosité de certaines forêts périurbaines pour ses visiteurs, la désolation des paysages brutalement brunis ou brûlés, ou encore, plus discrètement et insidieusement, l’amenuisement progressif et généralisé de la biodiversité forestière, floristique comme faunistique.

La pression démesurée des grands animaux, les dérèglements climatiques, l’émergence des bioagresseurs, l’amenuisement constant de la biodiversité et une gestion sylvicole parfois désorientée conduisent certaines de nos forêts vers une paupérisation certaine. Nous en sommes tous témoins, mais surtout nous en sommes tous plus ou moins responsables.

Nous pouvons emprunter les propos de Jacques Chirac tenus lors du sommet de la Terre qui s’est déroulé à Johannesburg en Afrique du Sud en 2002 pour décrire la situation actuelle : « La maison brûle et nous regardons ailleurs...nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ». Aujourd’hui nous avons pris conscience de ce qui se passe, grâce sans doute aux multiples conséquences économiques qu’entraînent les dysfonctionnements, au peuple qui donne de la voix et aux médias qui se sont emparés du sujet.

Agir au plus pressant

Malheureusement l’inertie induite par les lentes et « coûteuses » décisions nous oblige à prendre immédiatement en main la situation pour parer au plus urgent. Il s’agit de stopper l’hémorragie, de panser les plaies.

Nous pouvons, dès à présent, modifier nos pratiques sylvicoles pour ralentir ou, mieux encore, accompagner l’inexorable transformation de nos peuplements car de nombreuses connaissances issues de la science ou obtenues par empirisme nous le permettent. N’attendons pas uniquement que les subventions viennent nous soulager mais retroussons nos manches chacun pour sa part ; je vais faire, humblement, la mienne au travers de cet article.

En somme, nous pouvons réduire l’impact des différentes sources d’agressions par d’excellentes et judicieuses mesures que tout un chacun, propriétaire comme gestionnaire, pourra adopter et mettre en œuvre.

La première partie de cet article va tenter de vous convaincre d’agir au plus pressant, à savoir en se penchant sur l’avenir de nos jeunes peuplements durant les phases juvéniles dites « d’installation / constitution » et « de compression / qualification », toutes régénérations confondues, puisque c’est en leur sein que les mesures les plus immédiatement efficaces pourront être prises. Pour les lecteurs fidèles de la revue il s’agira, en quelque sorte d’une forme de synthèse des articles parus ces deux dernières années.

Avertissement : nous n’aborderons pas l’épineux sujet des dégâts causés par un surnombre de grands animaux car la résolution de ce problème est, théoriquement, d’une grande simplicité mais d’une fâcheuse complexité dans sa mise en œuvre !

Quelques préalables...

1) Les écosystèmes

Nous savons que les écosystèmes forestiers sont naturellement instables et ne cessent de se remodeler (J. TASSIN 2011) : pour preuve, à la moindre perturbation, que celle-ci soit naturelle (ex. : chablis suivi d’une régénération naturelle) ou artificielle (ex. : coupe secondaire voire coupe définitive suivie d’une plantation) les cartes des équilibres sont irrémédiablement redistribuées, et le peuplement se repositionne au sein de l’échelle des successions ; quelle que soit sa position il emprunte systématiquement une nouvelle trajectoire qui peut être soit ralentie voire stoppée net par des blocages écologiques, soit redynamisée par l’action biologique de certaines essences ou association d’essences.

Retrouvez l'article en entier dans le numéro 382 de la Forêt Privée ! Abonnez-vous ici. 

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