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L’ingérence sur les droits de propriété forestière discutée à Elmia Wood

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Le débat des politiciens à Elmia Wood.

Crédit photo Elmia Wood

La foire forestière internationale Elmia Wood s’est tenue du 2 au 4 juin à Jönköping en Suède. Un débat des politiciens y était proposé, qui a attiré un large public, alors que des élections nationales auront lieu dans le pays en automne. La Suède est leader en matière d’économie forestière, et la politique forestière suédoise est susceptible d’influencer celle des autres pays européens. Un des principaux sujets de débat a porté sur la propriété. C’est un sujet qui a été soumis au débat forestier par les ONG aux Assises de la forêt en France.

La compatibilité entre le droit de propriété et le droit à l’environnement (gestion en bien commun) est un thème qui a été porté au débat forestier par les associations environnementalistes au travers notamment des Assises de la forêt. L’effacement de la propriété est aussi un objectif majeur de l’agenda du Forum économique mondial (FEM) (dont les « young global leaders », à l’image d’Emmanuel Macron ou de Justin Trudeau (Canada), ont accédé à des postes de dirigeants de pays après avoir reçu la formation du FEM). Chacun a pu une fois ou l’autre écouter Klaus Schwab, le dirigeant de cette puissante association axée sur la coopération publique-privée, en parler, ou écouter la vidéo publicitaire du FEM, dans laquelle il est déclaré : « Vous ne posséderez rien et vous serez heureux ».

Le sujet est d’importance pour les propriétaires forestiers, renvoyé par les Assises à des discussions ultérieures. À qui sera réservée son instruction, quand la question de pouvoir y est prégnante ?

À cet égard, il est à noter que la question a été centrale lors du débat des politiciens organisé à Elmia Wood. Une table ronde organisée le 3 juin 2022 sur le grand salon forestier a réuni tous les partis du parlement suédois, excepté le parti vert, qui avait refusé de participer. « Les discussions ont porté sur des questions électorales brûlantes telles que les droits de propriété et d'utilisation, le rôle de l'UE dans la réglementation de la foresterie suédoise, la législation et la réglementation, les biocarburants et l'obligation de réduire les émissions », rapportent les organisateurs du débat.

La modératrice Ellinor Persson a commencé par demander aux intervenants ce qui les passionnait dans le débat sur la foresterie. « Évidemment pour les agriculteurs et les forestiers, leur droit de gérer les forêts sans ingérence de l'État. Je pense que cela peut offrir les meilleurs avantages pour la forêt et le climat », a répondu Johan Widegren (Parti modéré). « Je suis passionné par la foresterie qui gagne la confiance du public. Les médias mettent souvent en lumière les mauvaises choses, mais je sais à quel point il se passe du « bien » dans les forêts suédoises, et lorsqu'il s'agit de ces forêts, je tiens beaucoup à ce qu'elles soient gérées avec le moins d'impact possible des règles et des exigences de l'UE », Birger Lahti (Parti de gauche). « Je suis d'accord. Il y a une énorme différence entre une oliveraie grecque et une foresterie de production suédoise. J'ai grandi avec la forêt. La forêt est l'épine dorsale de l'économie rurale, de toute l'économie suédoise, et a un rôle crucial dans la transition verte », a ajouté Annie Lööf (Parti du centre)

Le propriétaire forestier aux commandes

« Le climat du débat était bon et les avis s'accordaient parfois de manière surprenante », ont souligné les organisateurs. « Le propriétaire forestier doit être aux commandes de la politique forestière. Tout le monde n'est pas obligé de faire la même chose. Et nous devons vraiment faire pression pour que l'UE interfère le moins possible dans la réglementation forestière. Chaque pays a ses propres forêts, ses propres conditions », a déclaré Mats Nordberg (Parti démocrate suédois). « Les forêts sont notre grand avantage concurrentiel dans la transition verte. Mais ce ne sera le cas que si nous sommes autorisés à posséder et à exploiter les forêts. La propriété et le droit d'utiliser les forêts sont essentiels », a déclaré Kjell-Arne Ottosson (démocrates-chrétiens). « Le droit de propriété et d'utilisation du propriétaire forestier individuel sous-tend la foresterie suédoise », a ajouté Jakob Olofsgård (Parti populaire libéral). « Ensuite, combinez cela avec un état d'esprit industriel. Protéger les produits forestiers et l'industrie. C'est également important », a déclaré Isak From (Parti social-démocrate).

Une approche à long terme est la base

« Quelles directions la politique forestière suédoise devrait-elle prendre si vous pouviez décider ? », a été une autre question posée par la modératrice aux intervenants. « La liberté sous responsabilité. Bien sûr, il doit y avoir un cadre législatif global, mais nous devons accorder une grande confiance au propriétaire forestier individuel. Ce que vous possédez, vous en prenez soin », a expliqué Annie Lööf. « Il faut oser une vision à long terme. Le propriétaire forestier doit être autorisé à récolter ce qu'il a semé », a déclaré Kjell-Arne Ottosson. « Une approche à long terme est essentielle. Sinon, nous perdrons d'autres valeurs. Je crois en une combinaison de législation et de gestion responsable. Aucun propriétaire forestier ne veut commettre des erreurs délibérées », a ajouté Birger Lahti. À la fin du débat, il y a eu une petite étincelle lorsque la question des enjeux des élections nationales de cet automne a été posée : « Le gouvernement que nous aurons déterminera si oui ou non nous avons un gouvernement qui croit clairement en la capacité et la responsabilité personnelle du propriétaire forestier. Nous voulons soutenir le propriétaire foncier individuel », a déclaré Kjell-Arne Ottosson. « Les conditions de toute la campagne rurale sont en jeu », a ajouté Annie Lööf. « Et si nous regardons au-delà de la forêt, c'est la société dans son ensemble qui est en jeu. Nous devons construire une société cohésive », a conclu Birger Lahti.

Pour alimenter la réflexion en France sur ce sujet de la propriété privée des ressources naturelles, à commencer par la forêt, un article de l’éminent spécialiste en droit forestier Michel Lagarde sera à retrouver dans notre édition de juillet-août de La Forêt Privée, qui rappellera le contexte juridique les règles applicables.

Pour rappel, un article sur les conclusions des Assises « Quelle politique forestière pour la prochaine mandature ? », par Yves Poss, ingénieur général des Ponts des eaux et des Forêts, est à retrouver dans notre édition de mai-juin de La Forêt Privée.

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