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Quatre pays de l’UE créent For Forest pour défendre leur industrie forestière

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Crédit photo populationdata.net

L’Autriche, la Finlande, la Slovénie et la Suède ont constitué le groupe For Forest pour défendre les intérêts de leurs industries forestières nationales face à la Commission européenne, sous l'égide de leurs ministres de l'Agriculture.

L’Autriche, la Finlande, la Slovénie et de la Suède se sont associées pour s'assurer que l'accent soit mis davantage sur les forêts et les activités de l'industrie forestière dans l'UE, a rapporté le 19 octobre le journal finlandais Helsinki Times. Celui-ci cite le ministre finlandais de l'Agriculture et des Forêts, Antti Kurvinen, lors de la réunion des ministres de l'Agriculture et de la Forêt à Luxembourg le 17 octobre : « Un coming out a eu lieu aujourd'hui. Nous sommes maintenant sortis du placard en bois. Les pays forestiers de l'UE ont mis en place un groupe de collaboration que nous appelons For Forest ».

Le ministre finlandais estime que la commission n'a pas suffisamment inclus les États membres dans les travaux préparatoires de la prochaine proposition de la Commission européenne sur la collecte de données et le suivi de l'état des forêts. Il entend avec le groupe exercer son influence. L'Autriche et la Finlande ont déjà obtenu le soutien de 17 autres États membres pour leur position selon laquelle les données de recherche sur les forêts devraient être collectées principalement par le biais de mécanismes nationaux, selon l’Helsinki Times.

« Vous ne devriez pas créer un nouveau système au niveau de l'UE. L'autorité suprême en matière de politique forestière appartient aux États membres », a expliqué le ministre finlandais de l'Agriculture et des Forêts. Et encore : « Je pense qu'il est faux d'examiner la politique forestière à la fois en Finlande et dans l'UE uniquement à travers la politique climatique et environnementale. Vous devez accorder une attention égale à la compétitivité et à l'emploi ».

D’après lui, les propositions législatives antérieures et à venir relatives aux forêts de la Commission européenne n’examinent pas les impacts économiques et sociaux, et le règlement de la Commission européenne pour restaurer les forêts dégradées serait dévastateur pour l'industrie forestière en raison de la quantité de terres à protéger. « Quelques États membres sont obligés de payer pour que le reste de l'UE ait meilleure conscience », a-t-il résumé, estimant aussi que la Finlande, qui a déjà restauré des zones humides et des habitats naturels dans le cadre des programmes Helmi et Metso, est maintenant punie pour son travail de pionnier parce que les programmes ne sont pas reconnus dans le règlement de restauration des forêts.

La ministre finlandaise de l'Environnement et du Changement climatique Maria Ohisalo a déclaré quant à elle que le gouvernement n'avait pas pris la décision de créer le groupe des quatre pays dans l'UE, et qu’il n’y avait pas eu de discussion conjointe au sein du comité ministériel sur les affaires européennes… Elle a défendu, d'après l’Helsinki Times, le règlement de restauration, en soulignant que les coûts qui en découlent devraient être comparés aux profits engrangés annuellement par l'industrie forestière.

D'un ministère à l'autre, l'enjeu forestier prend un visage différent.

Un fin observateur de la politique forestière relevait il y a peu que le ministre de l’Environnement en France avait porté le message du programme de reboisement, et notait que l’Ademe est l’organisme distributeur des fonds correspondants… quand le ministre de l’Agriculture, auquel s'adossent les professionnels, est en principe responsable de la politique forestière…

La « Surveillance stratégique des forêts » par l'UE

Pour rappel, la Commission a communiqué le 16 juillet 2021 au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions une nouvelle stratégie de l’UE pour les forêts pour 2030 (incluant l'engagement de planter 3 milliards d’arbres pour 2030).

Dans le chapitre 4 intitulé « Surveillance stratégique des forêts, établissement de rapports et collecte de données », la Commission expose qu’elle entend :

1. Présenter une nouvelle proposition législative relative à l’observation des forêts, la transmission de rapports et la collecte de données afin de garantir un système coordonné de surveillance, de transmission de rapports et de collecte de données de l’UE. Dans ce cadre, les autorités compétentes des États membres élaboreraient des plans stratégiques pour les forêts et le secteur forestier, dans le total respect du principe de subsidiarité et du traité, d’ici au premier trimestre 2023 ;

2. Dans le cadre du système d’information forestière pour l’Europe (FISE), sur la base de produits Copernicus améliorés, d’autres données de télédétection et de surveillance au sol, renforcer la surveillance existante des effets climatiques et d’autres perturbations induites par la nature ou par l’homme sur les forêts ;

3. Élaborer et publier régulièrement des rapports et des résumés clairs sur les forêts dans l’UE, avec le soutien d’un partenariat européen plus large dans le domaine des sciences forestières ;

4. Mettre en place, par l’intermédiaire de son Centre commun de recherche 59, un partenariat européen dans le domaine de la science forestière, en vue de soutenir la mise au point de nouveaux indicateurs fondés sur la télédétection et les résultats les plus récents de la recherche ;

5. Un programme solide en matière de recherche et d’innovation pour améliorer nos connaissances sur les forêts.

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