La vente ONF de Montélimar boycottée par les scieurs et exploitants forestiers

Le 15 septembre 2017

Les scieurs et exploitants forestiers de la région Rhône-Alpes ont décidé de boycotter la vente de bois ONF de l’agence Drôme-Ardèche qui devait avoir lieu le 14 septembre 2017 dans les locaux du CEFA de Montélimar. Ils entendent protester contre des modes de ventes qu’ils ne considèrent plus compatibles avec la demande de leurs clients et les attentes des marchés. De son côté, l’ONF a pris acte des revendications des professionnels de la première transformation et assure que le dialogue n’est pas rompu.

Pas un mètre cube de bois n’aura trouvé preneur à la vente de l’agence Drôme-Ardèche le jeudi 14 septembre 2017. Tout était pourtant fin prêt lorsque le directeur de l’agence ONF Drôme-Ardèche, Jean-Luc Martin, donna le coup d’envoi des transactions à 9h30 dans les locaux du CEFA de Montélimar. Mais coup de théâtre, la soixantaine de scieurs et exploitants forestiers présents dans la salle décidèrent de boycotter la vente. « Le mode de commercialisation qui nous est imposé aujourd’hui n’est plus adapté à nos besoins et à la demande du marché », lança au micro Stéphane Eymard, scieurs à Veurey-Voroize en Isère et président du groupement des scieurs et exploitants forestiers de Rhône-Alpes.

Deux niveaux de revendication

« Nous demandons de réinstaurer un minimum de 30% de lots vendus à l’unité de produit dans les ventes publiques pour pallier le manque de qualité et d’homogénéité par rapport au passé et surtout les manques de volume dans les ventes en bloc qui sont de plus en plus inquiétants et récurrents ». Pour les professionnels présents à Montélimar, le mode de commercialisation des bois que propose actuellement l’ONF ne permettrait pas une prise en compte suffisante des spécificités géographiques et climatiques de la région Rhône-Alpes et ne serait plus compatible avec la demande des clients et les attentes des marchés. « Nous sommes dans une région de montagne, avec des forêts escarpées. Il est difficile d’exploiter les bois en hiver avec la neige, certaines zones sont dédiées au tourisme et à la pratique du ski. Par ailleurs, la qualité des bois présents dans nos forêts est très hétérogène à la différence de la ressource qu’on peut trouver dans d’autres régions françaises », précisait Stéphane Eymard. « Nous demandons également d’avoir au moins 50% de bois sur pied dans les contrats afin de maîtriser les exploitations pour pallier aux graves soucis de cadencement de livraisons des bois ».

L’ONF ouvert au dialogue

Du côté de l’ONF, on précise qu’une réunion avec les professionnels de la première transformation avait été tentée le 1er septembre pour travailler sur les points de désaccord et qu’il est dans l’intérêt de toute la filière de réussir à trouver une solution de conciliation. « Nous pensions tous que nous avions avancé sur ces sujets, mais ce n’est visiblement pas suffisant et nous prenons acte des revendications des scieurs », expliquait Jean-Luc Martin. « Lors de cette première rencontre, nous avions proposé que soient organisées des réunions par départements pour présenter les coupes que nous allions commercialiser et pouvoir définir au préalable une proportion de bois proposés sur pied à la mesure (à l’unité de produit). Nous préférons travailler à la définition de critères acceptables par tous plutôt que sur un pourcentage qui serait fixé de manière arbitraire. Celui-ci in fine pouvant être supérieur ou inférieur aux chiffres exigés par les scieurs et les exploitants forestiers. Quant aux 50% de bois sur pied dans les contrats, ce point relève du niveau national et ne fait pas partie des pratiques de l’ONF aujourd’hui ». Le directeur de l’agence ONF Drôme-Ardèche rappelait que dans le cadre du Contrat d’objectifs et de performance signé entre l’État, l’ONF, et les communes forestières, l’office avait obligation de développer les ventes de bois façonnés par contrat sur la période 2016-2020. « Pour nous le dialogue n’est jamais rompu », ajoutait Jean-Luc Martin. […] Nous avons partie liée, que ce soit pour la rentabilité de vos entreprises ou pour la pérennité de l’ONF et de la gestion forestière », précisait-il aux professionnels présents dans la salle. Pour tenter de dénouer la crise, une prochaine rencontre réunissant des représentants de l’ONF, des communes forestières et des scieurs et exploitants forestiers a été fixée au mardi 19 septembre à 14 heures.

Sylvain Devun