Traitement des bois / Cabines d’aspersions : une alternative aux bacs de trempage

Le 12 novembre 2015

Les cabines d’aspersion sont présentes sur le marché depuis 2007 et ont techniquement largement progressé. Ces améliorations sont positives et apportent un meilleur contrôle de la qualité de l’aspersion et donc du traitement. Si les conditions de traitement recommandées par le fabricant sont respectées, les cabines d’aspersions sont capables de traiter correctement du bois de fermette pour un usage en classe 2. D’un point de vue économique, le coût du traitement et la productivité sont globalement du même ordre de grandeur que le traitement par bac.

Les cabines d’aspersion sont des procédés de traitement performants et techniques, moins contraignants d’un point de vue réglementaire. Pour que le traitement soit efficace, il est important que les cycles de traitement soient bien choisis en fonction des bois et de leur empilage, que les machines soient régulièrement entretenues pour éviter les bouchages de buses. Les opérateurs doivent être bien formés et compétents, et doivent assurer une maintenance régulière.

Afin d’évaluer si les cabines d’aspersion sont susceptibles d’apporter une conformité au traitement des bois de fermettes en classe 2, des prélèvements dans cinq sociétés ont été effectués.

Pour valider que le traitement des bois est effectif, plusieurs critères sont à vérifier :

– un bon mouillage de toutes les pièces de bois sur tout leur pourtour, qu’elles soient sur liteaux ou bois/bois ;

– Une rétention conforme, et des valeurs assez proches en rétention entre les faces de dessus et les faces de dessous des pièces de bois.

On notera qu’il manque des éléments relatifs aux cycles employés, ce qui influe sur les conclusions de cette étude.

Nous tenions à souligner que FCBA a toujours été très cordialement reçu par les entreprises et les en remercie. Les cinq entreprises ont compris l’intérêt de cette étude et ont tout mis en œuvre pour nous recevoir dans les meilleures conditions.

Sapin et épicéa à l’étude

  • Humidité : en théorie, les bois devaient être secs à l’air, c’est-à-dire présenter une humidité inférieure à 25%. Tel n’a pas été le cas pour toutes les entreprises où les humidités atteignaient souvent des valeurs supérieures à 40/50%. De telles humidités ne favorisent pas une bonne pénétration du produit dans le bois. A noter spécifiquement pour le sapin et l’épicéa, que des humidités très basses n’autorisent pas des pénétrations importantes, mais sont favorables à une fixation rapide du produit de traitement.
  • Lattage : le cas idéal est un lattage à chaque rang. Tel n’a pas été le cas pour deux sociétés. Le fabricant A2C propose des cycles spécifiques dans le cas de traitements bois/bois. Nous avons pu vérifier la conformité d’un lattage tous les deux rangs dans le cas d’un traitement. Globalement, quelle que soit la société, les opérateurs ne connaissent pas bien les différents cycles à utiliser en fonction de la conformation de la charge et n’appliquent pas les cycles selon les recommandations du fabricant.

FCBA a eu l’occasion d’assister à la mise en route d’une cabine d’aspersion récemment livrée. La partie informatique est revue par rapport aux modèles que nous avons vus, et devrait être plus conviviale pour les opérateurs. Le nouvel automatisme intègre aussi des paramètres (dont les accès sont sécurisés) pour adapter sur site la précision opérationnelle des compteurs en fonction du débit d’eau et de la viscosité du concentré du client. La précision est ainsi optimale avec une grande cohérence entre la consigne affichée et le résultat obtenu.

  • Essences de bois : sapin et épicéa pour les cinq sites. Note : les critères de conformité sont les mêmes quelles que soient les essences de bois pour la classe d’emploi 2. Dimensions des bois : des largeurs importantes ont été privilégiées (facteur pénalisant). Etat de surface : sont considérés des bois bruts de sciage et des bois rabotés.
  • Prélèvements : une analyse correspond au mélange de 10 échantillons provenant de 10 pièces différentes. Les 10 échantillons sont pris au centre et dans les parties basses des piles, ce qui correspond aux situations les plus délicates de traitement des pièces dans les piles.

Pour chaque échantillon, a été identifié la pièce de bois, la face du dessus et la face du dessous.

Une analyse moyenne de 10 échantillons des faces du dessus et une analyse moyenne de 10 échantillons des faces du dessous a été réalisée. Pour éviter des contaminations d’un échantillon à l’autre, chacun d’entre eux a été emballé individuellement.

L’expérience montre que très souvent, la maîtrise des taux de dilution est difficile pour les entreprises, et que des rétentions basses sont souvent expliquées par des solutions sous-concentrées. Aussi, un échantillon de la solution de traitement a été pris systématiquement pour analyse.

En conclusion sur cette partie de l’étude, les prélèvements effectués montrent une conformité des traitements par rapport aux exigences de la classe d’emploi 2. Cependant, formellement les faisabilités des traitements bois/bois n’ont pu être validées. Une seule entreprise a traité les bois dans ces conditions. Les zones non traitées ne peuvent pas être attribuées à une incapacité technique de la cabine. Toutefois, FCBA ne peut pas recommander de tels traitements bois/bois pour des questions sanitaires et environnementales, outre les questions techniques. De plus, le traitement des bois humides est encore une pratique courante pour les bois de fermette, sans que cela influe de façon significative sur la qualité des traitements.

Des améliorations positives

Les cabines d’aspersion sont présentes sur le marché depuis 2007 et ont techniquement largement progressé. Ces améliorations sont positives et apportent un meilleur contrôle de la qualité de l’aspersion et donc du traitement. On peut affirmer, au moins pour les traitements bois/bois avec lattage tous les rangs, que si les conditions de traitement recommandées par le fabricant sont respectées, les cabines d’aspersion sont capables de traiter correctement du bois de fermette pour un usage en classe 2.

Pour les traitements bois/bois, il a été possible de constater que le lattage tous les deux rangs n’était pas un obstacle au traitement de bois bruts de sciage. Mais on ne peut conclure sur la qualité du traitement bois/bois sans lattage, et surtout sur des bois rabotés secs. Il est raisonnable de rester prudent sur le traitement bois/bois, d’autant plus que la fixation des produits de traitement s’en trouve fortement ralentie. Ceci est également vrai pour les bacs de trempage et la cabine d’aspersion n’est pas très différente sur ce point. Sans pression, on ne peut forcer un produit à pénétrer un espace très réduit. Le traitement bois/bois n’est pas une pratique à recommander. Une attention particulière est à apporter à la maîtrise de la concentration de la solution. Il a été constaté que même si des systèmes de dosage performants et fiables sont utilisés, des solutions sont sous-concentrées.

D’un point de vue économique, le coût du traitement est globalement du même ordre de grandeur que le traitement par bac, en considérant que le coût des infrastructures est similaire ainsi que le coût des dossiers d’autorisation. Les consommations de produit de traitement doivent être considérées comme identiques. En termes de productivité, ici également les données sont semblables entre un bac de trempage et une cabine d’aspersion, à condition bien évidemment que les temps d’égouttage et de fixation soient respectés. Les cabines d’aspersion sont des procédés de traitement performants et techniques, moins contraignants d’un point de vue réglementaire. Pour que le traitement soit efficace, il est important que les cycles de traitement soient bien choisis en fonction des bois et de leur empilage, que les machines soient régulièrement entretenues pour éviter les bouchages de buses. Les opérateurs doivent être bien formés et compétents, et assurer une maintenance régulière.

Elles présentent aussi l’avantage par rapport aux bacs de pouvoir travailler avec une ou plusieurs colorations, suivant l’usage des bois. La possibilité offerte d’enregistrer tous les paramètres liés aux cycles de traitement est une option utile à considérer pour assurer la traçabilité de l’opération.

Eric Heisel – FCBA pôle industries bois construction – responsable de marque / certification

Pierre Dulbecco – FCBA pôle industries bois construction – ingénieur bois construction / CIAT