78e Cahier du bois-énergie

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Description

Valorisation des cendres issues des chaufferies collectives et industrielles au bois

Recyclage agronomique des cendres : faut-il remettre en cause un exemple séculaire d’économie circulaire ?
La combustion n’est rien d’autre qu’une oxydation thermochimique de la matière : les substances organiques apportent le contenu énergétique et les minéraux forment les cendres. De tout temps, ces sous-produits ont été valorisés dans les jardins, sur les massifs de fleurs, au pied des arbres ou dans les champs. La cause : leur richesse en chaux et en potasse.
Faudrait-il, parce que la production est devenue massive avec le développement de la filière bois-énergie dans l’Hexagone, faillir à ces traditions et modifier fondamentalement ces pratiques séculaires ?
La réponse est probablement non. Mais l’interprétation des textes réglementaires par les services de l’État pourrait conduire à un enfouissement systématique de ces sous-produits de la combustion en rompant ainsi le cycle biogéochimique de la matière.
Depuis la fin des années 90, le retour au sol s’est mis en place de façon très pragmatique par les gestionnaires des chaufferies ou leurs fournisseurs de combustible :
– un plan d’épandage spécifiquement élaboré pour les installations de forte puissance soumises à autorisation et produisant des quantités importantes (souvent supérieures à 500 t/an) ;
– une introduction dans les composts de déchets verts, dans de faibles proportions pour les chaufferies de moyenne puissance (plusieurs dizaines à quelques centaines de tonnes par an) ;
– une utilisation locale sur les espaces verts pour les communes équipées d’une chaudière de faible puissance (au plus, quelques tonnes par an).
Ces deux dernières organisations apparaissaient cohérentes et adaptées aux volumes produits par les installations de petite et moyenne puissances. Elles permettaient en effet d’enrichir les composts de végétaux en minéraux et en oligo-éléments en s’appuyant sur un réseau d’infrastructures suffisamment diffus pour autoriser en tout point du territoire national une valorisation raisonnée.
Mais la révision de la norme sur les amendements organiques en 2010 interdit désormais l’introduction de cendres dans les composts normalisés. La valorisation devient donc bien plus complexe, au moment même où un nombre de plus en plus élevé de chaufferies comprises entre 2 et 20 MW est mis en service chaque année. On estime en effet leur production à près de 200.000 tonnes par an, la profession estimant que 70% environ sont valorisés en agriculture. À moyen terme, ce flux devrait représenter près de 500.000 t/an si l’objectif en termes de développement de la biomasse est respecté.
En outre, et dès lors que l’on cherche également à minimiser les gaz à effet de serre et à développer l’économie locale, il est bon de rappeler que le retour au sol des cendres de bois permettrait de réduire à l’horizon 2030 les intrants agricoles fossiles à raison de 20 M€/an et les émissions de gaz à effet de serre de plus 1,3 MtCO2/an !
La simplification des textes réglementaires est (à nouveau) au cœur de l’actualité !
Il devient urgent de rapprocher les points de vue de l’Administration et des organisations professionnelles pour s’accorder sur un modèle approprié aux attentes des acteurs de la filière.

Mathieu FLEURY Dominique PLUMAIL
Directeur de Biomasse Normandie Directeur et gérant de CEDEN

Sommaire

Typologie et caractéristiques des cendres de bois

Valorisation agronomique des cendres de bois

Valorisations alternatives des cendres de bois

Elaboration d’un schéma régional de valorisation des cendres des chaufferies collectives et industrielles au bois en Normandie