Sapin pectiné : une étude de marché pour identifier de nouveaux débouchés

Le 7 mai 2019
Photo : Aux côtés d’Anaïs Laffont, chargée de mission pour Fibois Aura, les trois membres de la Seb mandatés par l’interprofessionnel ont présenté le 11 avril à la Tour-de-Salvagny leurs recommandations pour trouver de nouveaux débouchés à la valorisation du sapin blanc.

Le 11 avril dans les locaux de la chambre d’agriculture du Rhône, Fibois Auvergne-Rhône- Alpes proposait une restitution de son étude de marché sur le sapin pectiné. Les trois experts mandatés par l’interprofession pour explorer de nouvelles pistes de valorisation de cette essence abondante dans les forêts régionales ont présenté les conclusions de leurs travaux dont l’objectif était d’identifier des couples marchés/produits et d’étudier cette problématique au prisme d’une approche par la compétence. 

Le sapin pectiné est une essence abondante dans les forêts françaises. Avec 180 millions de m3, ce serait même la seconde en stock sur pied derrière l’épicéa d’après les chiffres communiqués le 11 avril par les trois membres de la Société des experts bois (Seb) retenus par Fibois Auvergne-Rhône-Alpes pour réaliser une étude sur ses marchés potentiels de valorisation (1). «Sur les 470 millions de m3 de bois que concentrent les forêts de la région Auvergne- Rhône-Alpes, le volume de sapin blanc représente quelque 80 millions de m3», expliquait en préambule Anaïs Laffont, chargée de mission approvisionnement / 1re transformation pour Fibois Aura. Pour cette étude pilotée avec l’appui de Fibois 38, l’interprofession régionale s’était fixé l’objectif de proposer une analyse de marché à visée opérationnelle (2). Dans cette logique, l’équipe mandatée s’est donc appliquée à mettre en exergue les points de contexte favorables à l’apparition de nouveaux débouchés pour l’utilisation du sapin pectiné. «Les échanges commerciaux internationaux de bois ont doublé en 15 ans et les besoins des marchés seront croissants dans les prochaines années», expliquait Emmanuel Groutel, expert en stratégie et marchés internationaux. «Avec un accroissement naturel d’environ un million de m3 par an, la disponibilité du sapin pectiné est forte. Disponibilité qu’il convient de mettre en regard des bouleversements que connaissent les autres essences, caractérisés par une évolution inquiétante de la situation sanitaire de l’épicéa avec les attaques de scolytes, une diminution durable de la disponibilité du peuplier, ou la chute des volumes enregistrés pour le pin sylvestre.»

Vers des produits normés

Dans la perspective d’identifier des couples marchés/produits et de définir une approche par la compétence pour répondre à la double demande de Fibois Aura, l’étude présentée formulait une série de recommandations orchestrées en cinq catégories : forêt, industrie, commerce/produits, marketing, et innovation (lire par ailleurs le Zoom : «Les recommandations de l’étude en détail»). Si le sapin pectiné alimente aujourd’hui essentiellement les marchés du coffrage, de la charpente traditionnelle et dans une moindre mesure celui de l’emballage, les trois membres de la société des experts bois proposaient aux professionnels présents de se pencher sur la fabrication de produits séchés non structurels, l’axe de développement prioritaire identifié par leurs travaux. «Cet axe peut constituer une opportunité de nouveaux débouchés pour le sapin blanc, à condition de réussir à créer une identité propre à cette essence et à maîtriser son séchage. La capacité à sécher correctement le sapin est la principale clé technique pour conquérir de nouveaux marchés car il est nécessaire de fournir des produits normés», précisait Pierre Gay, expert en transformation du bois et des projets d’implantation. «Il est aussi important de favoriser l’approche collaborative avec des architectes et des designers sur l’innovation produits, de développer une communication adaptée au positionnement du sapin blanc ou encore de bénéficier des possibilités données par les bois modifiés. » Dans la salle, les professionnels présents, et notamment ceux de la première transformation, arguaient que les freins à la valorisation du sapin pectiné relevaient davantage de l’hétérogénéité des qualités rencontrées à l’ouverture des grumes que de réelles difficultés techniques à transformer cette essence. […]

Photo : Aux côtés d’Anaïs Laffont, chargée de mission pour Fibois Aura, les trois membres de la Seb mandatés par l’interprofessionnel ont présenté le 11 avril à la Tour-de-Salvagny leurs recommandations pour trouver de nouveaux débouchés à la valorisation du sapin blanc.

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°17…