RE 2020 : la filière forêt-bois demande des objectifs plus ambitieux

Le 24 novembre 2020

Les organisations professionnelles de la filière forêt-bois appellent le Gouvernement à plus d’ambition pour la Réglementation environnementale 2020, dont le texte devrait entrer en vigueur l’an prochain.
« La RE2020 aura en effet valeur d’un signal considérable adressé aux acteurs économiques pour atteindre en 2030 l’objectif de réduction de 49% de l’empreinte carbone du secteur du bâtiment fixé par la stratégie nationale bas carbone », écrivent ensemble France bois forêt (FBF), France bois industries entreprises (FBIE) et France bois régions (FBR), dans un communiqué rédigé le 17 novembre sous l’égide du Comité stratégique de filière bois (CSF bois). « En l’état actuel des travaux préparatoires à cette future réglementation, les certitudes manquent sur son niveau réel d’ambition carbone. » La filière forêt-bois demande entre autres que la « RE2020 » impose des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment pour permettre au bois d’affirmer pleinement son potentiel en matière de construction. « Dans le cycle de vie du bâtiment, 60% du bilan carbone du bâtiment provient de la phase de construction, durant laquelle le premier poste d’émission concerne les matériaux et les équipements, à hauteur de 55%. Face à ce constat, une utilisation accrue du bois et des matériaux biosourcés est la seule solution crédible pour diminuer les émissions carbone », expliquent les organisations professionnelles. « Pour être à la hauteur des circonstances, la RE 2020 doit donc efficacement inciter leur utilisation au moyen de critères carbone objectifs traduits dans des seuils réglementaires et, pour son calendrier, avec une ambition marquée dès 2021 puis des exigences graduellement renforcées tous les trois ans ».
Niveau méthode, les organisations professionnelles de la filière forêt-bois saluent la volonté de retenir l’analyse de cycle de vie dynamique (ACV dynamique) pour le calcul des émissions de gaz à effets de serre des produits de construction, mais invitent le Gouvernement à intégrer dans son décret des seuils significatifs de stockage du carbone dans les matériaux. Globalement, elles souhaitent que l’adoption d’un texte ambitieux donne l’opportunité à la construction bois en France de combler son retard de développement avec les pays européens voisins et permette d’impulser une trajectoire de neutralité carbone pour l’ensemble du bâtiment, notamment dans la perspective de la future présidence française du Conseil de l’Union européenne (janvier à juin 2022).