Observatoire du métier de la scierie : vers 10 millions de m3 de sciages en 2025 ?

Le 28 mars 2019
Une vingtaine de scieurs-négociants, de mobilisateurs de bois et plusieurs fabricants et fournisseurs de matériels de scierie, parmi lesquels LBL, Sera-Gilet, SGM Industry, MFLS La Forezienne, VBI et Condat Lubrifiants, se sont penchés sur l’avenir de la scierie à l’horizon 2025.

Quelles évolutions à venir pour le secteur de la scierie à l’horizon 2025 ?
C’est en substance la problématique sur laquelle se sont penchés les professionnels présents le 8 mars dans les locaux de l’entreprise Condat à Chasse-sur-Rhône (69). L’objectif visait la mise en commun de travaux impulsés dans le cadre de l’Observatoire du métier de la scierie, en vue d’un séminaire de restitution finale qui aura lieu en novembre prochain.

L’Observatoire du métier de la scierie (OMS) organisait le vendredi 8 mars une journée de mise en commun de ses travaux dédiés à l’avenir de la scierie française à l’horizon 2025. Une vingtaine de professionnels et de fournisseurs de solutions techniques pour la filière forêt-bois avaient répondu présent à l’invitation de Maurice Chalayer, animateur et fondateur de l’OMS en 2003.

1.000 scieries en 2025

“La scierie française a perdu 2 millions de m3 de sciage au cours de la décennie 2008-2018”, expliquait Maurice Chalayer. “À l’horizon 2025, pourra-t-elle reprendre ce volume perdu ?” Après un état des lieux de la situation actuelle et des différentes causes de ce recul, les participants planchaient sur les principaux freins à lever pour atteindre à terme le niveau des 10 millions de m3 de sciage, cap fixé par leurs travaux. “En termes de volume, on a touché le fond en 2014”, soulignait Maurice Chalayer. “L’objectif de cette rencontre est de permettre aux professionnels de l’amont de se rencontrer autour d’une étude dont la vocation est de proposer aux scieurs et à leurs partenaires des éléments de réflexion. Le nombre de scieries n’a cessé de diminuer depuis le début des années 80 et nos analyses prévisionnelles montrent qu’elles ne devraient pas être plus de 1.000 en 2025. Aujourd’hui, nous savons que le volume perdu par les arrêts de scieries n’est pas repris par les autres. L’objectif est donc d’identifier des pistes de réflexion qui permettent de retrouver le volume de sciages que nous produisions en France avant la crise de 2008. Pour y parvenir, nos différents scénarios tablent sur un développement de la production de l’ordre de 400.000 m3 dans le feuillu et de 1,4 million de m3 dans le résineux.” Évalué à 899 entreprises en 2016, le secteur de la scierie artisanale est encore vraisemblablement appelé à se concentrer dans les années à venir. Pour l’Observatoire du métier de la scierie, ces entreprises ne seront plus que 530 en 2025 et le cap prévisionnel des 400.000 m3 de sciage suppose qu’elles réussissent à produire quelques 210 m3 de plus par scierie d’ici l’échéance. “Aujourd’hui, la production des scieries artisanales représente encore 490.000 m3 en cumulé, ce qui est loin d’être anecdotique dans la mesure où aucune entreprise de la filière n’est en mesure de produire seule un tel volume”, précisait Maurice Chalayer. Dans le scénario étudié par l’OMS, il est bien entendu prévu que chaque échelon de la 1re transformation contribue à l’effort de production souhaité à hauteur de sa puissance de frappe. Ainsi, les 400 scieries semi-industrielles (contre 520 aujourd’hui), devront produire 4,1 millions de m3 en 2025 pour atteindre le cap envisagé, soit 4.088 m3 de plus par entité. Enfin, les entreprises industrielles, dont l’OMS estime qu’elles devraient compter quelque 70 scieries dans leurs rangs, auraient dans cette hypothèse 5,5 millions de m3 à produire, ce qui représente un effort de 21.500 m3 par scierie.

Gros bois et automatisation

Mais au-delà de ces chiffres, dont seul l’avenir nous dira s’ils sont appelés à se confirmer, la journée du 8 mars de l’OMS aura surtout permis aux participants d’échanger sur les actions à développer et les freins à lever pour atteindre le cap fixé dans leur scenario. Réunis pendant une heure par secteurs d’activité, les professionnels ont ainsi pu faire ensemble une synthèse des points sur lesquels travailler. Le groupe “forêt” se penchait plus particulièrement sur la question de la mobilisation de la ressource. “Il y en a sous le pied. Dans le résineux plutôt en gros bois mais largement aussi dans le feuillu”, lançait ainsi Yves Poss, ingénieur général honoraire des Ponts, des Eaux et des Forêts. “Les chiffres de l’Inventaire forestier sont justes mais ils ne tiennent pas compte de la motivation du propriétaire pour gérer sa forêt. Aujourd’hui, la réserve de bois n’est pas dans la forêt publique, ni dans les forêts privées qui font l’objet d’un plan de gestion, mais dans les parcelles de 4 à 25 hectares qui sont pas ou peu gérées. C’est pourquoi il semblerait plus adapté de parler d’objectif de gestion plutôt que d’objectif de volume à mobiliser.” De son côté, le groupe “scieurs” mettait le doigt sur les difficultés rencontrées par les entreprises au moment d’investir, et en particulier une inadéquation entre l’offre en matériels proposée sur le marché et la capacité d’investissement des scieries artisanales. Il rappelait aussi les conséquences de la pénurie de main d’œuvre rencontrée par ce secteur d’activité depuis plusieurs années. Un point sur lequel le troisième groupe, constitué de plusieurs fabricants de matériels pour la première transformation, n’allait pas manquer de rebondir. “Face aux difficultés de recrutement que rencontrent les scieries, on nous demande logiquement d’aller vers toujours plus d’automatisation dans les solutions que nous proposons”, expliquait ainsi Patrick Marinho, de l’entreprise SGM Industry. “Les gros bois constituent désormais une part importante de la ressource disponible en forêt, et l’outil de prédilection de transformation des gros bois, c’est la scie à grume. Au regard de ces différents éléments, nous savons que nous devons aller vers davantage d’automatisation de la scie à grumes, avec l’objectif à terme d’au moins doubler sa capacité”.

Conclusions en novembre

Sans surprise, l’outil de production est donc bel et bien au centre des préoccupations de professionnels de la filière forêt-bois qui planchent sur une hausse des volumes de sciages à l’horizon 2025. La formation des salariés, les marchés ou encore le développement des territoires figurent aux rangs suivants de leurs priorités. La synthèse de leurs travaux, qui pour l’heure se composent de plus d’une quinzaine de contributions recensées par l’animateur de l’OMS Maurice Chalayer, fera l’objet d’un séminaire de conclusion sur le thème de la scierie à l’horizon 2025, qui se déroulera le 15 novembre dans les locaux de l’entreprise Forézienne MFLS, situés à Épercieux-Saint-Paul, dans la Loire.

Photo : Une vingtaine de scieurs-négociants, de mobilisateurs de bois et plusieurs fabricants et fournisseurs de matériels de scierie, parmi lesquels LBL, Sera-Gilet, SGM Industry, MFLS La Forezienne, VBI et Condat Lubrifiants, se sont penchés sur l’avenir de la scierie à l’horizon 2025.

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°11 …