Nouvelle-Aquitaine : la scierie Blondy valorise le douglas du Limousin

Le 30 novembre 2020
Pascal Blondy scie majoritairement du douglas limousin.

Depuis près de vint-cinq ans, la scierie artisanale Blondy, située à Glandon (Haute- Vienne), s’est taillé une réputation qui dépasse les frontières régionales en se spécialisant dans la fabrication sur-mesure d’abris de jardin, pergolas, carports, en charpente traditionnelle mais aussi clôtures, terrasses et plages de piscines en employant principalement du douglas.

L’aventure a débuté en 1996 pour Pascal Blondy qui, fort d’une expérience de dix-sept ans dans le métier, décide de créer sa scierie en se spécialisant dans la charpente traditionnelle. Il s’installe sur un terrain de 2 ha à Glandon et construira, au fur et à mesure du développement de son activité, plusieurs bâtiments pour installer de nouveaux équipements. Un second atelier avec magasin (peinture, lasure, quincaillerie) et showroom compléteront son installation sur un second site, dans la zone artisanale de La Chabanie. Aujourd’hui, il emploie neuf salariés dont son épouse ainsi que sa fille et son fils, qui lui succéderont, puisqu’il songe à son départ à la retraite.

La scierie Blondy s’est forgé une réputation en valorisant le douglas dès 1996 alors que cette essence était encore peu utilisée, la récolte commençait dans la douglasaie limousine plantée dans les années 50. «Je pense avoir été le premier à utiliser le douglas», estime Pascal Blondy. «La tempête de 1999 est arrivée, j’ai taillé beaucoup de charpentes traditionnelles, sciant à 80% pour des artisans et des particuliers. Lorsque ce marché a disparu, je me suis remis en question. Aujourd’hui, ça s’est inversé puisque 80 % de nos sciages servent à fabriquer des abris de jardin, tables, bacs à fleurs, clôtures personnalisées, lames de terrasses, bardages et plages de piscines, le type de produits que je voulais proposer lorsque j’ai créé mon entreprise.»

Des réalisations sur-mesure

L’activité principale reste donc le sciage de charpentes exclusivement en douglas pour la fabrication des abris de jardin haut de gamme, hangars agricoles, pergolas ou carports commandés par des particuliers ou des collectivités. Chaque pièce est unique, Pascal Blondy n’a pas de catalogue, il montre des photos de ses réalisations à ses clients mais la plupart de ses créations sont sur-mesure. «Les abris de jardins sont montés de manière traditionnelle avec poteaux et fermes, tenons, mortaises et chevillés en acacia», précise-t-il. «Les abris sont posés par nos équipes ou livrés en kit, la majorité sur Limoges mais nous avons été en Belgique, à Fontainebleau, à Nantes, dans le Sud de la France… Je n’ai jamais fait deux fois le même ! Ils sont garantis dix ans mais la structure des plus vieux qui ont 25 ans n’a pas bougé. Ils sont montés comme des chalets de montagne, isolés sur demande, équipés de fenêtres, portes-fenêtres ou baies vitrées, tout est possible, avec toiture tuile ou bac acier.»

Le plus petit offre une surface de 3 m2 et le plus grand réalisé, un hangar agricole de 150 m2, a été transformé en maison d’habitation par son propriétaire. Un abri de 2 m2 a même été monté pour servir de toilettes sèches. Les tables en douglas pourvues d’assises larges de 45 cm avec dossier peuvent accueillir jusqu’à 14 convives. Les sièges sont facilement amovibles pour laisser place, si besoin, à une personne en fauteuil roulant. «C’est notre produit phare en mobilier d’exté- rieur», précise Virginie Penaud Blondy, la fille de Pascal. «La demande est forte, que ce soit des entreprises, des collectivités et des particuliers à partir de deux personnes pour la table pique-nique à 360 euros jusqu’à 14 places avec plateau de 3 m de long et 40 mm d’épaisseur. Une quarantaine d’exemplaires a été vendue l’an dernier. Le confinement du printemps a renforcé cette tendance, les gens ont réfléchi pour améliorer leur maison puis passé commande. Le chiffre d’affaires de 2019 égal à 563.000 euros devrait être stable.»

Les grumes sont achetées à des coopératives locales, notamment Cofogar et Lafaye, en privilégiant le douglas, soit 80% des sciages utilisés pour les charpentes et le mobilier de jardin complété par du peuplier, du bouleau, du pin maritime, du grandis et de l’épicéa pour la fabrication de palettes et du châtaignier en mobilier extérieur, soit 2.000 m3 de sciages par an. 

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°39…