Menuiserie du Pratz cible le chalet haut de gamme

Le 9 janvier 2020
Romuald Arvin-Bérod (à droite) va bientôt prendre la suite de son père Christian.
La Menuiserie du Pratz bénéficie de l’activité touristique haut de gamme de la station de Megève. Cette entreprise familiale s’est spécialisée dans les vieux bois qui donnent tout leur charme aux chalets montagnards du massif du Mont-Blanc. Pour mieux maîtriser la qualité de ses fabrications, l’établissement intègre de la grume au produit fini.

Dans l’imaginaire du grand public, Megève véhicule l’image d’une station de sports d’hiver au chic feutré où le must de la clientèle apprécie de beaux chalets en vieux bois, au luxe discret et au confort chaleureux que procure un feu de cheminée. Le trait est forcément réducteur mais il y du vrai et du bon sens dans ce raccourci. C’est en tous cas ce filon du chalet haut de gamme que les dirigeants de la Menuiserie du Pratz ont décidé d’exploiter.

Quand Christian Arvin-Bérod a créé l’entreprise en 1995 aux portes de Megève, il avait déjà derrière lui une expérience d’une dizaine d’années en tant qu’artisan menuisier. «J’opérais avec un associé mais au fond de moi j’ai toujours su que je voulais être mon propre patron. Alors, nous nous sommes séparés en bons termes et j’ai acheté un terrain pour y construire mon atelier.» Au prix de l’immobilier dans la vallée de l’Arly, le risque était osé.

Le nouveau patron tenait à ouvrager des bois de pays. Problème : les derniers scieurs de la région avaient tous fermé le banc de leur scie et mis la clé sous la porte. Peu importe ce détail, le Mégevan le règle en montant une scierie en amont de sa menuiserie-charpenterie. «Je voulais maîtriser mes approvisionnements, être sûr du choix et de la qualité des bois que j’allais travailler.» Et comme l’homme semble un tantinet obstiné, il décide d’acheter lui-même sa matière première en forêt aux adjudica- tions de l’ONF.

Intégration sur l’amont

La démarche n’est pas anodine. Sur le secteur, la concurrence aux ventes publiques demeure raisonnable. De plus, les propriétaires forestiers privés de la vallée sollicitent directement Christian Arvin-Bérod qui dit ne pas regretter la création de cette scierie artisanale. Aujourd’hui, celle- ci transforme 3.000 m3 de grumes d’épicéa par an (accessoirement du mélèze), et répond complétement aux besoins spécifiques de la SARL en construction de chalets et en menuiserie pour l’aménagement des intérieurs.

«À mes débuts, je tournais avec un ruban Gillet équipé d’un chariot de 6 m. Plus tard, j’ai opté pour une scie Pinheiro dotée d’un bâti Primultini de 10,50 m pouvant passer des bois jusqu’à 14 m de longueur.» En sortie du châssis, une déligneuse multilame Pinheiro reprend les planches tombant de scie et les coupes à dimensions voulues.

Cette intégration sur l’amont de la filière, qui permet de ne pas dépendre d’intermédiaires, confère un confort et une liberté appréciables dans le cadencement des fabrications. Elle autorise une vraie réactivité pour les commandes urgentes et spéciales sur liste avec des longueurs et des sections hors standards. «Par exemple, nous pouvons fabriquer des lambris grandes largeurs et des pannes de 14,20 m de longueur. Qui pourrait nous scier ces produits en temps et nous les fournir en heure et ici à un prix économique ?», interroge Christian Arvin-Bérod  […]

Photo : Romuald Arvin-Bérod (à droite) va bientôt prendre la suite de son père Christian.