Main d’œuvre en secteur forestier : tendances pour l’Europe des Nations unies

Le 22 octobre 2020

«Depuis 1990, il y a eu une réduction significative de l’effectif du secteur forestier dans la région de la CEE*. Dépeuplement rural, transformation politique en Europe du Centre et de l’Est, changements structurels entraînant l’effondrement de plusieurs grandes entreprises, privatisation, fragmentation du marché de l’approvisionnement et externalisation des travaux aux entrepreneurs ont joué un rôle. La tendance a touché tous les sous-secteurs, mais a été plus marquée dans la transformation du bois, qui est fortement dépendante de la construction et a été particulièrement durement frappée par la crise économique mondiale de 2008.» Ce constat est à l’origine du rapport publié cette rentrée par la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (CEE-ONU). Le document, comprenant de nombreux graphiques, donne un aperçu complet de l’état actuel de la main-d’œuvre du secteur forestier en Europe. Si elle comprend des informations sur les conditions de travail et la sécurité et la santé au travail, l’étude s’appesantit surtout sur les contextes économiques et sociaux qui ont conduit à des changements structurels dans le secteur, grâce aux données statistiques disponibles au niveau régional. En liant ces statistiques à des recherches plus larges, menées dans une gamme de disciplines et de contextes, elle met en lumière les causes de changements dans le secteur et les moyens possibles de rendre le secteur forestier plus pérenne.
«En plus de relever les défis de la transformation économique, le secteur forestier doit répondre aux changements auxquels sont confrontés les secteurs basés sur les ressources, tels la mondialisation des marchés de matières premières, le dépeuplement rural et le vieillissement la main d’œuvre. Le développement technologique et l’évolution des priorités en matière de gestion forestière (de la production de bois à la gestion des écosystèmes) modifient également la nature travaux forestiers. Les structures de travail ont également évolué. Les grandes entreprises ont fusionné, réduit leurs effectifs, déménagé ou fermé, avec des impacts substantiels sur les travailleurs et les communautés. Les travaux forestiers, en particulier la récolte, ont été sous-traités à un nombre croissant d’entrepreneurs ayant des cultures professionnelles, de gestion et de communication différentes.»
Le chapitre 4 intitulé : «Emplois verts : vers un secteur forestiers attractif et apte à l’adaptation» précise que la poursuite du développement des emplois verts dans le secteur forestier dépendra fortement – à l’échelle de la région étudiée – de la révision des programmes de formation existants (devant combler les lacunes de compétences et s’adapter aux nouvelles carrières). Il indique aussi que changer la perception du public pourrait y contribuer (en montrant un secteur innovant qui attire des travailleurs qualifiés et propose des carrières modernes dans une économie verte). «Un élément, intéressant peut-être, vis à vis de la génération Y, est de mettre l’accent sur la gestion des ressources naturelles et le service dans les emplois forestiers», note le rapport. Pour l’emploi actuel et futur, il faut selon la CEE-ONU soutenir les nouveaux travailleurs et développer les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour la main-d’œuvre du secteur forestier. Il faut aussi faire mieux connaître les nouvelles opportunités d’emplois verts dans la forêt. «Rendre les emplois forestiers plus sûrs, mieux payés et plus attractifs pour les futurs travailleurs est la première étape pour garantir une main-d’œuvre adaptée», indique l’étude conduite par la CEE-ONU.

* La région CEE-ONU comprend 56 États membres incluant les pays d’Europe, mais aussi des pays d’Amérique du Nord (Canada et États-Unis), d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) et d’Asie occidentale (Israël). La région de la CEE-ONU abrite 20% de la population mondiale.