Les échanges de forêts s’intensifient, selon l’indicateur 2020 Safer/CDC

Le 12 juin 2020

Si le prix moyen des forêts non bâties baisse légèrement en 2019 (de 1,1%), le marché des forêts reste dynamique : le nombre de transactions, les surfaces échangées et la valeur globale progressent. Les personnes morales privées consolident un peu plus leur première place d’acquéreurs de forêts. Telles sont deux des principales conclusions formulées par la Société forestière de la Caisse des dépôts et la Fédération nationale des Safer dans l’Indicateur 2020 du marché des forêts en France. Ce 25e indicateur annuel, qui participe de la mission de transparence des Safer, et bénéficie de l’expérience de la Société forestière*, a été officiellement présenté le 4 juin par Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer, et Gilles Seigle, président-directeur général de la Société forestière de la Caisse des dépôts.

De 620 à 12.470 euros/ha

Le nombre de transactions de forêts a augmenté encore en 2019 (+ 6,3%, 20.280 biens vendus), et représente une surface totale vendue de 139.400 ha, en progression de 7,1%. La valeur du marché atteint un record à 1,68 milliard d’euros (+ 4,9%) ; les forêts non bâties représentent un tiers du total du marché (553 millions d’euros).
Les forêts non bâties se sont échangées en 2019 au prix moyen de 4.190 euros par hectare. 90% des transactions sont conclues à des prix compris entre 620 et 12.470 euros/ha.
«Les évolutions sont variées selon les régions», précisent les auteurs de l’indicateur. Dans l’Est, sécheresses et attaques de scolytes sur les épicéas accentuent la baisse initiée en 2018. Au contraire, dans le Sud-Ouest, le prix s’apprécie avec la forte progression du cours des pins maritimes.

Le marché des petites forêts particulièrement dynamique

Le nombre de transactions de forêts de 1 à 10 ha gagne encore 6,2% et s’inscrit dans une dynamique haussière entamée en 2010. Reflet du morcellement de la forêt privée française, ce segment représente 88% des transactions pour 36% des surfaces du marché des forêts. Selon les auteurs de l’indicateur, l’accélération observée sur les quatre dernières années pourrait refléter en partie la mise en place en 2016 du plafonnement des émoluments des notaires, destiné à favoriser la restructuration du parcellaire forestier.
Les ventes de forêts de plus de 100 ha non bâties sont reparties à la hausse en 2019, avec 80 transactions pour 17.100 ha. Sur ce marché structurellement très étroit, les personnes morales privées concluent près des trois quarts des acquisitions. Les mises en vente de forêts de 50 à 100 ha, stables depuis 2014, offrent peu d’opportunités supplémentaires d’achat.

Les personnes morales privées, premiers acquéreurs

Avec 54.000 ha en 2019, les personnes morales privées (agricoles, forestières ou institutionnelles) augmentent leurs acquisitions de 16% et consolident leur première place d’acquéreurs, avec 39% du total de la surface du marché des forêts. De plus en plus de personnes physiques constituent des groupements forestiers d’investisseurs (GFI) dans le but de constituer un patrimoine forestier diversifié tant au plan géographique que des essences. De même, les institutionnels, pour qui la forêt permet de longue date une diversification des placements, renforcent leur présence face à la faiblesse conjoncturelle des taux financiers.

* Pour rappel, avec près de 6.026 ha de forêts négociées en 2019 pour 52 millions d’euros, la Société Forestière demeure le 1er opérateur forestier privé en France (plus de 102.000 ha négociés de 2005 à 2019). En 2019, l’activité forestière des Safer s’est caractérisée par la vente de 800 lots forestiers pour une surface de 6.400 ha et une valeur de 52 millions d’euros.
L’Indicateur 2020 du marché des forêts en France est téléchargeable sur les sites Internet
www.forestiere-cdc.fr et www.safer.fr