Le futur de la menuiserie Falher se joue au présent avec l’imprimante 3D

Le 16 janvier 2020
Armelle Le Corre mise sur l’impression 3D pour développer son entreprise.

Armelle Le Corre a franchi le pas de l’impression 3D via la création d’une société prestataire de services, C3D, combinée à l’usinage dans sa menuiserie. Un défi relevé pour cette entrepreneure dotée d’une volonté d’aller de l’avant hors pair. A l’heure actuelle, l’entreprise cherche à perfectionner l’utilisation de ses équipements pour étoffer le panel de produits conçus et à valoriser davantage les potentialités offertes.

Armelle Le Corre reprend l’entreprise de menuiserie traditionnelle costar-moricaine Falher en 2008. Forte de son expérience dans l’industrie automobile en Allemagne, elle introduit la fabrication comme élément moteur des activités de l’entreprise, jusque-là spécialisée dans la pose de menuiseries. Puis, elle ajoute une nouvelle corde à son arc : l’agencement pour le compte de magasins, d’établissements de santé et d’écoles et mairies. Ce tournant contribue à étoffer l’équipe ; sept personnes rejoignent l’entreprise au sein d’un nouvel atelier bois massif et agence- ment construit en 2010. «Je ne conçois pas l’idée que l’on puisse poser un produit sans le fabriquer. La fabrication apporte clairement de la valeur ajoutée à l’entreprise. De plus, elle motive les équipes et assure la montée en compétences», déclare la dirigeante. Après cette phase de développement, elle engage une réflexion sur la technologie d’impression 3D avec l’optique de concevoir des composants d’agencement. Sa formation scientifique et son expérience en recherche et développement ne sont d’ail- leurs pas étrangères à ce choix. Au fil de ses déplacements en France et en Allemagne chez des fabricants, son projet prend forme.

L’impression 3D apporte de la valeur ajoutée

Il se concrétise par l’acquisition d’un premier modèle, le Bigrep One, adapté pour la conception de pièces de grande dimension pouvant atteindre 1 m3, utilisant le concept de dépôt de matière en fusion FDM. Depuis, deux autres imprimantes sont disponibles : la Bigrep Studio et la Markforged. Ce deuxième modèle utilise la technologie CFF de renfort continu en fibre. «L’orientation vers la fabrication ne suffit pas à se démarquer de la concurrence. Les nouvelles technologies représentent un marché de niche à développer et apportent de la valeur ajoutée. Parmi elles, l’impression 3D est une technologie d’avenir qui progresse à grands pas. Si nous ne prenons pas le train en marche, nous risquons de perdre des parts de marché.»

Désireuse de parfaire l’utilisation de cette technologie de fabrication additive assistée par ordinateur, Armelle Le Corre crée en juillet 2017 une entreprise de prestation de services dotée de trois salariés représentant un investissement à hauteur de 400.000 euros. Baptisée C3D, celle-ci assure la modélisation et l’impression 3D de pièces de grand volume en matériaux divers (polymères, bois, résine, mousse de polyuréthane, polystyrène…) : maquettes, moules pour fabriquer des pièces en bois (médium, contreplaqué, composite), prototypes de grandes échelles en polystyrène et polymère, pièces d’agencement (claustra, mobilier en chêne contrecollé, enseigne, luminaire, séparation modulaire…). Le matériau, extrudé à haute température sous forme de filament, est appliqué via une buse. Celle-ci progresse sur un plateau pour créer la pièce en trois dimensions par ajout de matière couche après couche  […]

Photo : Armelle Le Corre mise sur l’impression 3D pour développer son entreprise.

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