Le CSF bois s’adresse au Conseil national de l’industrie

Le 26 mars 2020

Le 21 mars, le président du Conseil stratégique de filière bois, Luc Charmasson, a adressé une lettre au vice-président du Conseil national de l’industrie Philippe Varin, sur le thème : «Quelles propositions face à la crise sanitaire d’une ampleur inédite que nous traversons, afin de limiter demain aussi une crise économique et financière de grande ampleur ?»
Constatant le fait que «assurer la continuité de l’activité économique a été compris du public pour les secteurs vitaux, comme la santé, l’alimentation, l’énergie, mais pas pour tous les autres domaines de l’économie, pourtant connexes puisque notre économie est intégrée et les secteurs interdépendants les uns des autres», et que «les salariés de l’industrie et des services, légitimement inquiets, ont suivi immédiatement le message de confinement et l’ont traduit en souhait d’exercer leur droit de retrait, l’indisponibilité générale en masque de protections, aujourd’hui durablement avérée pour les non soignants, n’ayant pas permis de leur apporter un premier niveau de réassurance», le CSF bois appelle à une «parole simple et compréhensible, du Premier ministre et ou du Président de la République», en vue de rassurer les salariés, avec des plans d’aménagement du travail, et ce afin de permettre la continuité d’activité de l’industrie et des services, soulignant qu’une majorité des PME et TPE n’ont pas les moyens de faire face à un arrêt complet d’activité, sans visibilité, pour les 5 ou 6 semaines à venir, ceci malgré les mesures d’accompagnement économiques engagées.
En vue de mettre en œuvre un plan de continuité économique de l’industrie et des services le CSF bois préconise de :
– au plus vite reconnaître et encourager par des signaux forts le maintien de l’activité encore en cours. A défaut, beaucoup de PME pourraient à leur tour, en raison d’une somme de facteurs contraires, et/ou par effet «tâche d’huile», arrêter à leur tour l’activité ;
– faciliter par tous moyens, en donnant de la visibilité aux chefs d’entreprises, la reprise progressive et partielle d’activité pour celles des entreprises qui le pourront dans les jours/semaines à venir ;
– porter une grande attention à nos entreprises PME et ETI qui ont encore des clients à l’exportation mais ne peuvent assurer les commandes en raison des ruptures en matière première, logistiques et aux frontières. Ces parts de marchés, si elles devaient être perdues, seraient durablement difficile à retrouver ;
– prévoir un horizon de levée des restrictions sur le commerce en partant du principe que la vente pourrait être aménagée sans concentration des clients (à l’image du commerce alimentaire). Un tel horizon, sous conditions, permettrait de reprendre en usine des fabrications par anticipation en ayant un peu de certitudes sur la capacité à pouvoir livrer ensuite des flux, même réduits.
Le CSF bois, pour finir, souligne que «la filière bois française apportera sa contribution pleine et entière à l’accompagnement de cette crise majeure. Celle-ci passera par la sécurité de tous et par une confiance retrouvée. Notre effort de solidarité avec l’ensemble des forces vives de la Nation est fort et partagé par tous nos professionnels».