Le bois, biosourcé parmi d’autres ? Pour une distinction lowtech / hightech

Le 11 juin 2020
Pavillon de la Chine à l’Expo Milano 2015 (Tsinghua University et Studio Link-Arc Architectes) couverte de panneaux de bambous tressés. Les savoir-faire vernaculaires lowtech sont les plus utilisés comme vitrine pour les biosourcés alors que ceux-ci recouvrent aussi des produits hightech issus de filière industrielles massifiées (comme les plastiques de bois).

Favoriser la compréhension et la mise en œuvre des leviers techniques et juridiques facilitant le recours aux matériaux biosourcés dans la commande publique, c’est l’ambition du guide édité en avril 2020 par les ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires. Les incitations à l’usage du bois tendent à s’effacer devant les incitations à l’usage des biosourcés. Le bois ne deviendrait-il qu’un «biosourcé» parmi d’autres ? Avec quels avantages/ désavantages à la clef pour ses transformateurs actuels ?

En cette période où l’impact environnemental voire la toxicité pour l’homme des produits pétroliers fait peur, des marchés émergent et grandissent de produits et matériaux dits « biosourcés ». Or ce que recouvre ce qualificatif – qui concerne hautement la filière bois – est le plus souvent peu appréhendé. Chose étonnante, ces matériaux qualifiés de biosourcés englobent à la fois des matériaux peu transformés aux usages «traditionnels» et des matériaux high tech, issus de la transformation moléculaire du végétal par exemple. Ainsi les initiatives qui se se développent et les filières qui s’élaborent peu à peu sont-elles très différenciées, même si elles se revendiquent toutes du «biosourcé». Des enduits à base de chanvre ou des isolants en paille dans la construction aux composites biosourcés utilisés dans les secteurs des transports (automobile, ferroviaire et aéronautique) et des sports et loisirs tels que décrits par l’Ademe dans son document de la série «Clef pour agir» publié en 2019 et intitulé «Des produits biosourcés durable pour les acheteurs publics et privés», le fossé est grand en matière de technologie et de possibilités d’appropriation de celles-ci.

Caricaturalement, il sépare le constructeur utilisant bois et paille locaux de l’utilisateur au sein d’une chaîne de valeur complexe de pièces injectées, thermoformées, etc., conçues à partir de constituants élaborés : fibres végétales courtes ou longues, non-tissés, rubans, rovings, unidirectionnels, multiaxiaux, secs / préimprégnés / comélés, avec polymères ou résines biosourcés […]

Photo : Pavillon de la Chine à l’Expo Milano 2015 (Tsinghua University et Studio Link-Arc Architectes) couverte de panneaux de bambous tressés. Les savoir-faire vernaculaires lowtech sont les plus utilisés comme vitrine pour les biosourcés alors que ceux-ci recouvrent aussi des produits hightech issus de filière industrielles massifiées (comme les plastiques de bois).

Lire la suite dans Le Bois International, Charpente, construction, menuiserie et meuble, notre édition rouge N°17 …