La scierie Laurent étoffe sa palette pour franchir un palier

Le 10 avril 2019
L’année prochaine, la pelle avec grappin découpeur sera remplacée par un chariot de tronçonnage suivi d’un arrondisseur de patte et d’une écorceuse sur le parc à grumes de la scierie Laurent.

À l’heure où nombre de scieries de taille intermédiaire se tournent vers le négoce pour diversifier leur activité, la scierie Laurent, dans le Maine-et-Loire, a choisi d’aller vers la fabrication de palettes. Depuis le lancement de son atelier en 2012, le chiffre d’affaires lié à cette activité progresse de 10% par an. Fondée il y a plus de 90ans à Mouliherne, l’entreprise s’apprête à franchir un nouveau cap avec plusieurs vagues d’investissement programmées d’ici 2022.

La scierie Laurent amorce un nouveau tournant dans son histoire. Pour la première fois l’an dernier, le chiffre d’affaires réalisé par l’activité “palette” a dépassé celui de la scierie dans le bilan de la société. Cette évolution, résultat de la volonté de la direction d’impulser une nouvelle dynamique depuis le lancement de l’atelier palettes en 2012, s’accompagnera dans les prochains mois d’une série d’investissements sur la ligne de sciage pour faire entrer de plain-pied l’entreprise du Maine-et-Loire dans la décennie 2020.

Un ruban pour conserver plus de souplesse

Créée en 1922 par Émile Laurent à quelques encablures de son site actuel, l’entreprise, désormais dirigée par son petit-fils Guy, s’apprête à franchir un nouveau cap dès 2020 (lire par ailleurs le zoom : Plus de 90 ans d’expérience”). “Nous nous préparons à investir pour avoir un site un peu plus carré”, explique Guy Laurent. “Nous nous entendons bien avec nos voisins, ce qui nous a permis d’acquérir une parcelle limitrophe pour pouvoir étendre notre activité. Dès 2020, nous investirons dans du nouveau matériel pour notre parc à grumes puis à partir de 2022, nous envisageons de renouveler notre scie de tête et notre déligneuse avec canter.

Sur le parvis extérieur, la pelle avec grappin découpeur et le chariot élévateur qui alimentent actuellement l’entrée de la ligne de sciage cèderont leur place dans les prochains mois à un chariot de tronçonnage suivi d’un arrondisseur de patte et d’une écorceuse. Si le remplacement des machines du hall de sciage ne se fera quant à lui que dans un second temps, l’entreprise a déjà une idée bien précise des matériels dans lesquels elle souhaite investir. Après 30 ans de bons et loyaux services, la scie de tête et le chariot LBL devraient être remplacés par un ruban bi-coupe suivi d’un centre de reprise du fabricant français. L’ensemble de la ligne sera complété d’un trimmer et d’un empileur pour le conditionnement des produits. “Actuellement nous sommes en train de monter le dossier ICPE avec Michel Gallois”, explique Guy Laurent. “Nous avons beaucoup réfléchi en amont avant d’arrêter nos choix. À une époque, j’avais même pensé investir dans un canter tout automatique, mais avec la pression du marché que nous observons à l’achat pour les petits et moyens bois, nous avons finalement choisi de repartir sur un ruban pour conserver plus de souplesse sur les bois que nous transformons.”

Une augmentation de 10 % du prix des pins

Ce n’est pas Romain Musson, qui dirige depuis 2013 l’entreprise FLM (Forestière Laurent-Musson), qui le démentira. En charge des achats de bois pour la scierie Laurent depuis qu’il a lancé sa société en 2013, l’exploitant forestier, qui s’est depuis associé avec Geoffrey Lambert, possède une vision précise du marché des bois dans l’Ouest de la France. “L’an dernier, nous avons acheté quelque 120.000 m3 de bois pour notre clientèle composée de scieurs qui travaillent pour la palette comme la scierie Laurent, mais aussi de scieurs pour la charpente ou des usines de panneaux. Tous les marchés étaient assez ouverts mais depuis 18 mois, nous avons pu constater une hausse des cours, qui s’est traduite par une augmentation d’environ 10% du prix des pins […]

Photo : L’année prochaine, la pelle avec grappin découpeur sera remplacée par un chariot de tronçonnage suivi d’un arrondisseur de patte et d’une écorceuse sur le parc à grumes de la scierie Laurent.

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