La scierie Colas améliore son outil de production

Le 15 janvier 2020

Colas est une scierie de service de taille semi-industrielle. Ses fondateurs ont su préparer intelligemment une transmission en douceur. Dans 6 mois, Jean-Yves Colas laissera entièrement à Éric Cartailler les rênes d’une entreprise en ordre de marche et qui s’est encore modernisée récemment.

Quand Éric Cartailler a intégré la société Colas en 2001 comme simple salarié, il n’imaginait sans doute pas qu’un jour il en deviendrait le patron. Après un apprentissage d’un an, sanctionné par un BTS technico-commercial achat-vente de bois au CFAA de Besançon-Châteaufarine (Doubs), le jeune impétrant a débarqué à Bosjean (Saône-et-Loire) à la scierie des frères Jean-Yves et Guy Colas. Pendant une dizaine d’année, il apprendra patiemment le métier, participant activement aux achats de bois, aux réceptions clients, à l’organisation de la production…

La suite ressemble à une belle histoire dont l’épilogue adviendra dans six mois, quand Jean-Yves Colas rejoindra son frère Guy dans sa nouvelle vie de retraité. Lorsque les deux frères ont estimé que leur futur successeur possédait la carrure pour prendre leur suite, le trio a bâti ensemble un plan de reprise. La crise de 2008 a légèrement décalé l’affaire qui s’est conclue en 2012 quand Éric Cartailler est devenu co-gérant de la SARL avec Jean-Yves Colas.

Les deux co-gérants indiquent qu’ils ont créé un LBO (1) qui a racheté la société via une holding se greffant sur la SARL. Si celle-ci génère des résultats, une partie des dividendes rembourse la dette «senior» du rachat. Ce montage rassure les banques et évite de gros apports financiers au repreneur qui, ainsi, peut se consacrer sans souci à sa tâche au sein de la SARL. «Cela a été une reprise douce, sans bouleversement, avec une forme de pérennité dans le fonctionnement de l’entreprise car toutes les parties se connaissaient», juge Éric Cartailler.

Une scierie multiproduits

Après sept années de remboursement d’emprunts, la dette est levée et les dirigeants ont désormais la main financière pour investir dans la modernisation de la scierie. Depuis 2017, la SARL a engagé pas loin de 800.000 euros dans une chaudière et des bâtiments de stockage de plaquettes, ainsi que dans l’amélioration de la ligne de sciage avec l’installation d’une déligneuse Oxia 150 et d’un chariot Spider de chez LBL-Brenta. «À notre échelle, nous sommes devenus une scierie de service de taille semi-industrielle», estiment les deux dirigeants. Colas achète un volume annuel de 10.500 m3 de bois dont 7.000 m3 de chêne, 3.000 m3 de sapin-épicéa, le reliquat en frêne et acacia. Sur le parc à bois, un chariot Wolf découpe les grumes à dimensions. Intervient ensuite une écorceuse à fraise Awa avant transformation sur une scie à ruban monocoupe LBL-Brenta équipée d’un bâti de 140 et d’un slabber de même marque.

En chêne et en fonction des qualités et des grosseurs, deux familles de fabrication sont possibles : soit des plots, des plateaux sélectionnés, des débits divers de grosses sections passant ou non aux séchoirs, soit des avivés, des frises et autres assor- timents issus de la nouvelle déligneuse. «Cependant, le chêne n’est pas notre seule essence et nous proposons de multiples autres produits […]»

(1) Leveraged Buy-Out ou «achat à effet de levier», un montage juridico-financier permettant le rachat d’une entreprise par le biais d’une holding.

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°02…