Île-de-France / Lizot : le numérique au service de l’intelligence du métier

Le 15 janvier 2016

L’entreprise de menuiserie Lizot organisait le 4 décembre dernier une journée portes ouvertes dans ses locaux à Chelles (Seine-et-Marne). Une opération destinée à dialoguer avec les clients et les fournisseurs de l’entreprise tout autant qu’à échanger des expériences entre confrères.

Jany Rabotin est entré dans l’entreprise Lizot en 1996 comme conducteur de travaux. En 2000, il rachète 50% des parts et en 2004, les 50% restants. C’est à cette date qu’il investit dans un centre d’usinage numérique et dans un logiciel de conception assistée par ordinateur, pour permettre à ses employés de «développer la part de réflexion» du métier, comme il aime à le dire. Son entreprise emploie 17 salariés, dont 3 jeunes en formation, dans un atelier de 1.500 m2 équipé d’une scie à panneaux, d’un centre d’usinage et d’une plaqueuse de chant, mais aussi de postes de finitions manuelles. Il a opté dès le début pour le logiciel de CFAO «Cabinet vision», qui commençait à s’implanter sur le marché français. Un logiciel de conception et de programmation des machines, dont la performance a fait ses preuves à travers le monde avec plus de 35.000 utilisateurs. La qualité des services proposés par son diffuseur en France depuis 2010, Cabinet vision France, assure une maintenance à distance aussi réactive qu’efficace permettant une utilisation optimale de son outil de conception et fabrication.
Le logiciel en évolution constante depuis plus de 30 ans s’adapte sans cesse aux nouvelles machines et aux nouveaux besoins de ses utilisateurs.

Logiciel de conception et centre d’usinage, un dialogue permanent

Le logiciel Cabinet vision est spécifique aux métiers du bois et permet de dessiner à l’écran un meuble ou un agencement à partir de méthodes de constructions personnalisées et avec un certain nombre d’éléments standard que l’on peut adapter. En plus de la génération de rapports de production, de cartouches de dessins techniques, de chiffrage, le projet peut être visualisé en rendu réaliste 3D. Le meuble ou l’aménagement est ensuite décomposé en pièces à usiner dont la liste est envoyée à la scie à panneaux, puis au centre d’usinage et enfin à la plaqueuse de chants, avant d’être assemblé manuellement. Le logiciel programme pour chaque pièce tout son itinéraire dans l’atelier, inscrit sur une étiquette imprimée à la sortie de la scie à panneaux. L’étiquette renseigne sur le meuble auquel est destinée la pièce, son emplacement, sa dimension, son matériau, sa couleur et son programme pour l’usinage. Un bon étiquetage fonctionnel, facilitant la communication et le lien entre les intervenants de chaque étape de la fabrication est un gain de temps considérable et la clé du succès de la chaîne complète.

Des machines, des ordinateurs… et des hommes

Jany Rabotin aime son métier et a à cœur de l’améliorer et d’en développer la qualité. Cela passe par un bon équipement, des outils performants et puissants mais aussi et surtout par des hommes et des femmes compétents et bien formés. C’est pourquoi il s’est engagé pour promouvoir la formation, au sein des Compagnons du Devoir tout d’abord dont il est issu, et dont il assure la présidence au niveau Île-de-France, de la Fédération française du bâtiment Ile-de-France Est, et du BTPCFA d’Ocquerre. Il a contribué avec le CSTB à la création d’un «DU compagnons durables» tous corps de métiers. Sa conviction est que le métier de menuisier doit évoluer et qu’il faut y ajouter de la matière grise. L’outil numérique ouvre à cet égard beaucoup d’horizons, et il en est un fervent adepte, mais il faut aussi s’en méfier, «trop de jeunes restent uniquement devant leur ordinateur et ne connaissent plus les gestes de l’atelier» selon lui. «La formation initiale est souvent très formatée, et ils ne sont pas assez capables d’évoluer tout seuls ensuite» estime-t-il. Il préconise un retour à une formation plus poussée et plus généraliste au départ. «Les menuisiers doivent être multicompétents» selon lui, et savoir faire le lien entre les matériaux et les outils numériques. Une polyvalence que doivent avoir aussi les informaticiens, s’ils veulent pouvoir dialoguer avec les menuisiers pour qui ils conçoivent des outils numériques.
Jany Rabotin croit aussi à la nécessité d’échanger avec ses confrères. C’est dans cet esprit qu’il avait organisé les journées portes ouvertes, où de nombreux confrères étaient invités à visiter en toute transparence l’atelier et voir ses machines fonctionner… Une démonstration qui a convaincu plus d’un de l’intérêt d’investir dans la conception et la commande numériques…

Nathalie Jaupart-Chourrout