France bois forêt réagit à la sortie du documentaire le Temps des forêts

Le 8 octobre 2018

Le film de François-Xavier Drouet “Le Temps des forêts” est sur les écrans depuis le 12 septembre*. Le débat qu’il soulève en matière de gestion et d’économie forestière a suscité la réaction de l’interprofession France bois forêt, par la voix de son président Michel Druilhe.

Le nouveau film de François- Xavier Drouet, “Le Temps des forêts”, est sorti en salle le 12 septembre. Le réalisateur, à qui l’on doit aussi Les Bois noirs, emmène le spectateur dans les forêts du Limousin, du massif des Landes de Gascogne, du Morvan ou encore des Vosges. “Symbole aux yeux des urbains d’une nature authentique, la forêt française vit une phase d’industrialisation sans précédent. Mécanisation lourde, monocultures, engrais et pesticides, la gestion forestière suit à vitesse accéléreée le modèle agricole intensif”, écrivait François-Xavier Drouet dans la présentation de son documentaire, qui n’a pas manqué de susciter plusieurs réactions. L’interprofession France bois forêt, qui fédère les professionnels de l’amont de filière forêt-bois au plan national, s’est exprimée par la voix de son président Michel Druilhe. “Nous respectons le parti pris du réalisateur mais sommes dans l’obligation de rétablir certaines vérités. Les 440.000 professionnels de la filière, qui oeuvrent, chaque jour, en forêt et au sein des entreprises de la filière, sont blessés par certains raccourcis qui laisseraient à penser que nous faisons mal notre travail. Cela n’est pas acceptable”, écrivait ainsi Michel Druilhe suite à la sortie du film en salle.

“Nous ne souhaitons pas que nos concitoyens soient pris en étau entre leur conscience environnementale et leur désir de vivre entourés de produits en bois ou à base de bois. Nous tenons à les rassurer : avec le matériau bois, il est possible de tout concilier”, poursuivait-il. “Très tôt, notre filière a acté sa responsabilité environnementale et, à la fin des années 90, dans le sillage de la conférence de Kyoto, les sylviculteurs de notre filière ont formalisé des pratiques de gestion durable de la forêt. Elles existent depuis le XIIIe siècle car nous avons la chance de vivre dans un pays qui a eu très tôt conscience de la valeur de cette ressource unique qu’est le bois ! Aujourd’hui, ces pratiques continuent de s’améliorer tout en tenant compte des aléas climatiques et des différentes menaces qui pèsent en permanence sur la forêt”. […] “Nous avons confiance en nos concitoyens et savons qu’ils sauront faire la part des choses entre un parti pris artistique et la réalité forestière”. […] “Bien entendu, nous sommes conscients du besoin de pédagogie que nous devons encore fournir sur nos pratiques sylvicoles.

Depuis le XIXe siècle, l’Homme s’est éloigné des campagnes pour aller vers les villes. Depuis quelques années, nous assistons au phénomène inverse avec un véritable intérêt des français pour la nature, pour les forêts. Le citoyen est aujourd’hui avide de savoirs et de compréhension mais une culture sylvicole ne s’acquiert pas comme ça, il faut du temps pour embrasser tous les enjeux qu’ils soient économiques, environnementaux et sociaux.” Conscient que ce débat témoigne aussi d’un important besoin de pédagogie, l’interprofession France bois forêt indique qu’elle a par ailleurs prévu d’amplifier dès 2019 son programme d’information à destination des Français autour de la sylviculture et de la récolte du bois.

* Lire par ailleurs : “Sortie du film Le Temps des forêts”, en page 6 du Bois International n° 31 du 22 septembre 2018.