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Enquête auprès d’élus : la forêt communale vue avant tout comme support de biodiversité

Principaux enjeux et objectifs pour les élus des communes forestières d’après les résultats de l’enquête menée dans le cadre du projet S’EnTET.

Crédit photo Gip Ecofor
Le projet S’EnTET (pour S’engager dans la Transition Écologique dans les Territoires : innover pour un véritable contrat forêt-filière société) visait à étudier les processus de transitions écologiques, économiques et sociales (TEES) autour des forêts et des acteurs de la filière forêt-bois.

Financé par l’Ademe (appel TEES 2019), coordonné par Marieke Blondet (AgroParisTech), réunissant des chercheurs et des acteurs forestiers et du territoire, le projet S’EnTET a consisté en une enquête quantitative à destination des communes forestières qui a été envoyée par e-mail via les contacts de la Fédération nationale des communes forestières, des enquêtes de terrain géographiques et ethnographiques dans trois territoires ciblés (parc national de Forêt, Pays d’Epinal et parc naturel du Haut-Languedoc) auprès de différents acteurs du secteur forêt-bois (élus, gestionnaires publics et privés, forestiers, acteurs académiques, entrepreneurs, agriculteurs professionnels de la filière, acteurs associatifs, acteurs institutionnels), des ateliers participatifs de co-construction de processus de transition dans les trois territoires étudiés pour proposer des projets à faire émerger.
Annabelle Amm, du GIP Ecofor, a synthétisé les résultats. Il est apparu que l’intérêt pour la transition écologique, économique et solidaire s’exprime souvent dans une volonté de développement économique d’un secteur d’activité, et que la capacité à adapter les forêts au climat de demain est au cœur des préoccupations des acteurs forestiers, et suscite un besoin d’interaction.
Des élus démunis ?
L’enquête auprès des communes a révélé que pour les élus, la forêt communale est avant tout un support de biodiversité. Les enjeux économiques et les autres services (stockage de carbone, chasse…) sont des préoccupations secondaires. Les principales actions mises en œuvre sont la protection de la biodiversité et des zones humides, notamment en privilégiant le mélange d’essences et la mise en réserve. L’interlocuteur privilégié des élus est l’ONF, mais ceux-ci se sentent démunis face aux tensions qui peuvent exister entre la pluralité des acteurs sur leur territoire (lors des ateliers participatifs, certains acteurs locaux non forestiers ont montré une volonté de travailler à un projet forestier de territoire à l’écoute des acteurs forestiers).
L’échelle des territoires a été confirmée comme la plus adaptée à la mise en œuvre d’actions de transition (« effet territoire »), et le portage politique (très présent dans le pays d’Épinal) désigné comme important. L’étude conclut aussi au besoin d’innovations institutionnelles et organisationnelles portant sur les changements de pratiques des acteurs institutionnels eux-mêmes dans leur soutien à des processus de transition et pose la question de l’articulation au niveau local entre élus des communes, acteurs privés et collectivités territoriales (PNR, PETR, parc national) qui semblent pouvoir soutenir des initiatives et faire émerger des lieux d’échanges dans lesquels les acteurs locaux puissent se sentir accompagnés.
« En conclusion », termine Annabelle Ham, « pour la majorité des acteurs interrogés, la forêt semble être un écosystème partagé qui doit être géré de façon collective. Cependant, il est difficile de dire si une gouvernance collective sera mise en œuvre en forêt où le droit de propriété est de tout temps une question sensible».
 

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