Flambée du douglas dans le Massif central

Le 23 novembre 2020

Jusqu’à quel niveau les cours du douglas peuvent-ils encore grimper ? La question se pose après la vente de Randan (Puy-de-Dôme), organisée le 25 octobre 2020 par Experts forestiers de France. Les prix y ont atteint de tels sommets qu’il n’est pas ridicule d’évoquer une sorte d’emballement sur la demande en douglas. Le cahier des experts se composait aux 3⁄4 de douglas. L’offre paraissait très attractive : 34 acheteurs potentiels (4 de plus qu’en juillet 2020) envoyaient des offres en ligne, dans une vente en présence où seulement 5 professionnels avaient fait le choix de se déplacer en salle d’adjudication. Les résultats de la mise sont sans équivoque : le douglas connaît actuellement un engouement sans précédent. «Le nombre d’offres progresse à plus de 7 soumissions par lot et en moyenne ; un article a même recueilli 18 soumissions, du jamais vu dans notre région», souligne Luc Detruy, un des organisateurs des enchères.

La frénésie d’achats se traduit aussi dans le pourcentage d’invendus : tous les articles de douglas ont trouvé preneurs. Et ce, dans une grande diversité d’acquéreurs de toutes tailles et de régions différentes. L’embellie sur les prix se confirme. Près de 1/3 des 36 lots de douglas sont partis à plus de 80 €/m3 sur pied. Un article a même franchi la barre symbo- lique des 100 €/m3, ce qui doit constituer une sorte de record national (article n° 23, 1.978 m3 au prix de 199.847 € attribué à la Scierie des Combrailles, v.u. 3,6 m3). Les vendeurs estiment la hausse annuelle moyenne à 17%.

Pour notre part, nous constatons que la progression des cours atteint 28% sur 3 ans pour des bois de 1,5 m3 se vendant 56 €/m3 sur pied en 2017 et qui se négocient dorénavant sur la base de 70 €/m3. Le fait nouveau tient à la revalorisation tarifaire des gros bois qui, contrairement au sapin, s’écoulent désormais sans aucune difficulté.

Cette euphorie sur le douglas – certains professionnels parlent même de «débouchés sans limite» – ne semble pas avoir de lien direct avec la crise des scolytes. «Le douglas est un peu le chêne des résineux ; aujourd’hui, il a trouvé son marché», assure Jean-Philippe Bazot, acquéreur de 2 lots à Randan. Un gros effort de marketing a été fait par France douglas. Les utilisateurs, rassurés par la normalisation en structure et en extérieur, connaissent mieux désormais cette essence naturellement durable, aux facilités d’usinage et d’assemblage avérées, et trouvant des emplois dans de multiples usages.

Il reste maintenant aux professionnels de la filière à gérer intelligemment cette manne providentielle – la France possède la 1re ressource de douglas en Europe. L’effondrement du hêtre en 2000 et l’actualité sanitaire sont là pour nous rappeler que «rien ne dure, sauf le changement».

Voir notre édition verte, Le Bois International, Scierie, exploitation forestière N°38…