Exploitation forestière / Certificat européen de qualification : lancement du permis « tronçonneuse »

Le 16 février 2016

L’Association nationale pour la formation aux métiers de la forêt a présenté le 28 janvier à Paris son certificat européen de qualification pour garantir un niveau de formation standardisé à l’utilisation des tronçonneuses.

L’Association nationale pour la formation aux métiers de la forêt, réseau de centres de formation aux métiers de la forêt privés et publics, lance un certificat européen de qualification, le permis tronçonneuse, reconnu dans tous les pays européens, qui entre autres avantages vise à faciliter la circulation des professionnels du bûcheronnage dans ces pays en garantissant un niveau de formation standardisé et conforme aux obligations de sécurité (pour la France code du travail art L.4142-2).

Un permis en quatre modules

Ce permis s’adresse aussi aux particuliers, bûcherons amateurs ou bricoleurs, et aux professionnels des espaces verts, grâce à une organisation en quatre modules progressifs, dont les premiers sont exigibles pour accéder aux suivants (ECC1 : le minimum pour tous ; ECC2 : abattage de petits bois ; ECC3 : abattage de gros bois ; ECC4 : arbres difficiles, chablis).
Le permis sera délivré dans les centres de formation accrédités par des agences nationales, elles-mêmes membres de l’agence européenne EFESC (European Forestry and Environmental Skills Council) garantissant une formation des formateurs homogène en Europe. Actuellement, neuf pays délivrent la formation et le certificat et trois sont en cours d’accréditation. En France, il existe déjà onze centres accrédités opérationnels répartis sur tout le territoire.

Accessible aux professionnels salariés

Ce «permis tronçonneuse» répond à un besoin clairement identifié de formation continue pour des salariés expérimentés mais n’ayant pas suivi de formation, un cas encore très fréquent. Dans ce cas, le besoin de formation des salariés est évalué en fonction de leur expérience et la durée de la formation est généralement courte. Le permis a un coût, 250 euros pour le module 1 (1 jour et demi de formation), 1.300 euros pour le module 2 (4 jours et demi de formation plus une demi-journée d’évaluation), et pour les modules 3 et 4 les coûts n’ont pas encore été communiqués. Mais il est possible pour l’employeur d’obtenir des aides pour former son salarié. Les titulaires du CAP ou du BPA de bûcheron peuvent désormais recevoir le permis tronçonneuse par équivalence (modules 1, 2 et 3).
La démarche du réseau est d’ailleurs bien comprise des fabricants de tronçonneuses, Stihl et Husqvarna, qui trouvent là le moyen de promouvoir une utilisation plus sûre mais aussi plus expérimentée de leurs matériels.
C’est ce souci de sécuriser le travail des bûcherons professionnels et amateurs qui est à l’origine il y a maintenant sept ans de l’initiative de partenaires européens composés de centres de formation et d’entrepreneurs de travaux forestiers de créer l’agence européenne EFESC (European Forestry and Environmental Skills Council) chargée d’agréer des standards européens de formation et d’accréditer des agences nationales chargées elles-mêmes d’accréditer des centres de formation. Il en résulte un certificat, European Chainsaw Certificate en anglais et permis tronçonneuse en français, un nom qui s’est révélé très «vendeur» pour la formation, qui ouvre les frontières aux candidats en leur permettant de se former dans un pays, être évalués dans un autre et travailler dans un troisième. Une mobilité dont on a vu l’intérêt en France pour les ETF notamment au moment des tempêtes, mais qui offre aussi de plus grandes possibilités aux salariés.

Nathalie Jaupart-Chourrout