Energies renouvelables / Les organisations professionnelles demandent de doubler le Fonds chaleur

Le 28 septembre 2017

Six organisations professionnelles représentant les acteurs des énergies renouvelables demandent au gouvernement de doubler les moyens du Fonds chaleur à partir de l’an prochain pour permettre à la France d’atteindre ses objectifs en matière de transition énergétique grâce au financement de nouvelles installations.

Lancé en janvier 2009 et piloté par l’Ademe, le Fonds chaleur est un dispositif financier de soutien au développement de la production de chaleur à partir de sources renouvelables et de récupération, destiné aux entreprises, collectivités et agriculteurs. «Presque dix ans après son lancement, le dispositif présente un bilan très positif», soulignent dans un message collectif plusieurs organisations professionnelles du secteur des énergies renouvelables (Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) ; Comité interprofessionnel du bois énergie (CIBE) ; Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) ; Syndicat des énergies renouvelables (SER) ; Union de la coopération forestière française (UCFF) ; et Uniclima, syndicat professionnel des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques). «C’est pourquoi, les acteurs de la chaleur renouvelable, en amont des discussions sur la Loi de finances, demandent au gouvernement de doubler ses moyens d’action comme le président de la République Emmanuel Macron s’y était engagé durant la campagne présidentielle.»

La France s’est fixée, avec la Loi de transition énergétique, un objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030 (23% en 2020). Pour l’atteindre, la chaleur renouvelable devra représenter 38% de la chaleur en 2030 (33% en 2020), soit un quasi-doublement de la part actuelle (20,7%).

Le chiffre : 1,57 milliard d’euros / Depuis sa création, le Fonds chaleur a soutenu 3.988 installations pour un montant de 1,57 milliard d’euros, générant un montant d’investissement de 5,15 milliards d’euros et permis de produire 1,985 Mtep par an d’énergies renouvelables et de récupération supplémentaire.

«Malgré la montée en puissance de la production de chaleur à partir d’énergies renouvelables et de récupération, la tendance démontre que l’objectif 2020 ne pourra être atteint avec l’enveloppe budgétaire actuelle du Fonds chaleur», soulignent les organisations professionnelles. […] La performance du dispositif a fait ses preuves en matière de financement public», précisent les organisations professionnelles à propos du Fonds chaleur. «Sur la base d’une durée de vie de vingt ans des équipements financés, le coût de la Tep (Tonne équivalent pétrole) produite grâce au Fonds chaleur est en moyenne de 43,8 euros sur la période 2009-2016, soit un niveau très faible. La Cour des comptes a plusieurs fois souligné l’efficience de l’euro public investi dans le cadre du Fonds chaleur.» Au regard de ces éléments, les organisations professionnelles demandent un doublement du Fonds à compter de 2018 qui devra permettre d’enclencher une dynamique positive pour atteindre les objectifs de la loi en finançant de nouvelles installations. Elles ajoutent que «le doublement du Fonds chaleur offrira par ailleurs aux producteurs de matières premières, notamment les forestiers, de nouveaux débouchés industriels pour leurs coproduits. Dans un contexte de prix extrêmement bas des énergies fossiles importées, il est indispensable de créer les conditions de marché qui favoriseront le développement des projets, notamment au travers de l’augmentation soutenue de la contribution Climat énergie».