Dans le Luberon, l’ébéniste Jérôme Batal agit dans la rénovation à l’ancienne

Le 7 novembre 2019
Jérôme Batal, ébéniste passionné de bois.

Jérôme Batal a réussi deux reconversions : la première en devenant ébéniste après avoir dessiné des hélicoptères ; la deuxième, en s’adaptant à un marché qui a beaucoup évolué. L’artisan s’est donc transformé en menuisier-ébéniste plutôt généraliste, travaillant des matériaux anciens en agencement de rénovation haut de gamme.

En 1992, Jérôme Batal a radicalement changé de vie. Jusqu’alors, il occupait un poste de dessinateur industriel dans une entreprise de l’aéronautique. «J’avais un bon job, tranquille. Mais c’était justement là le problème.» À entendre cette phrase, on comprend que l’ancien employé d’Eurocopter – racheté depuis par Airbus Industrie – devait s’ennuyer ferme chez l’avionneur parmi les 7.000 employés du site de Marignane (Bouches-du-Rhône). «Heureusement, j’avais la chance d’avoir une passion.» Et peut-être aussi un brin de folie pour se lancer, à près de 35 ans, seul et comme artisan dans la transformation du bois en ayant charge de famille et trois enfants à nourrir. «J’avais toujours travaillé le bois, mais en pur amateur et avec de petits combinés Kity.» Pour assouvir sa passion, Jérôme Batal a bénéficié de la formation professionnelle.

Pendant deux années, il assistera aux cours de l’École supérieure d’ébénisterie d’Avignon (Vaucluse). Dans cet établissement privé qui base ses enseignements sur du concret avec des réalisations pratiques en atelier, il suivra un premier cursus qui lui permettra d’obtenir un titre homologué d’ébéniste (de niveau IV). Puis il enchaînera sur une 2e année qui sera consacrée à une formation complémentaire de sculpteur sur bois. Tout frais bardé de ses diplômes, le jeune ébéniste-sculpteur s’estimera prêt à devenir artisan.

Un marché porteur qui s’est effondré avec les Twin Towers

Le début dans la carrière ne fût pas un long fleuve tranquille. «Avec le recul, je pense que j’aurai dû d’abord, pendant quelques années, acquérir une expérience professionnelle en tant que salarié dans une entreprise d’ébénisterie-menuiserie.» En s’installant non loin de l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), Jérôme Batal pensait sans doute qu’il trouverait aisément de l’ouvrage dans la restauration avec les antiquaires d’une région renommée pour ses demeures de charme. Avant que l’activité ne prenne son essor, l’ébéniste a dû faire comme tous les novices, à savoir accepter des commandes variées et, progressivement, se constituer un carnet d’adresses. Comme le marché était porteur au milieu des années 1990, la situation du jeune artisan s’est assez vite améliorée. «Pendant une dizaine d’années, pour des particuliers ou pour des marchands, j’ai presque exclusivement réalisé des travaux de restauration de meubles anciens, notamment sur du mobilier de style Art déco.»

Mais ce filon s’est tari le 11 septembre 2001, quand les attentats terroristes détruisent les Twin Towers du World Trade Center. Jérôme Batal explique que ses clients antiquaires qui expédiaient des conteneurs de meubles restaurés sur New York ont vu leurs marchés américains s’écrouler brutalement. Bien évidemment, l’artisan en a subi lui aussi les conséquences et, d’une certaine manière, cet événement a sonné le glas de ce qu’il apprécie le plus dans son métier, c’est à dire l’ébénisterie pure  […]

Photo : Jérôme Batal, ébéniste passionné de bois.

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