Crise sanitaire : un point avec Luc Charmasson

Le 24 mars 2020

Le Covid-19 impacte toutes les industries en France, et la filière bois ne fait pas exception. Luc Charmasson, président du CSF bois, revient sur la situation et sur les solutions envisagées.
Luc Charmasson, président du Comité stratégique (CSF) bois et administrateur du groupement Gipen, spécialisé dans la construction bois, a bien voulu nous livrer son témoignage concernant la crise sanitaire due au Covid-19, affectant l’ensemble du monde industriel et notamment la filière bois : «On peut dire que peu d’entreprises ont été en mesure de poursuivre leur activité, à l’exception de celles œuvrant dans les secteur de la pâte à papier (du fait des implications relatives au milieu de la santé), de l’emballage (liées quant à elles au secteur alimentaire), ainsi que certaines scieries, l’activité de ces dernières étant cela étant conditionnée par le maintien de suffisamment de moyens de transport. Le secteur du bois- énergie poursuit aussi son activité, dédiée notamment au chauffage de certaines métropoles».
«Les représentants de la filière bois travaillent en ce moment aux côtés des ministères du Travail et de la Santé, ainsi que de l’ensemble des grandes filières industrielles, en vue de réaliser au meilleur prix une commande massive de masques, de gel hydroalcoolique et de gants en provenance d’Asie, qui pourraient permettre à certaines entreprises de reprendre une activité. Sachant que cette reprise sera de toute façon progressive, et conditionnée par les commandes, c’est-à-dire notamment par les demandes émanant de la maîtrise d’ouvrage.
En outre, afin que ce redémarrage s’opère dans les meilleures conditions, en termes de sécurité, nous réfléchissons d’ores et déjà à l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques à l’attention des employeurs et salariés, et qui pourra inclure, en pratique, la mise en place de thermomètres à l’entrée des entreprises, permettant à chaque salarié de contrôler sa température. Ce guide devra être une réponse collective, validée à la fois par les ministères concernés et les organisations aussi bien patronales que syndicales. Il conviendra ensuite d’adapter les pratiques à nos secteurs d’activité et à nos entreprises, en d’autres termes de décliner ce guide en fonction de la réalité inhérente à chaque type d’entreprises, en prenant notamment en compte le nombre de salariés et la superficie»
, précise Luc Charmasson, qui rappelle que «la France est pour l’heure le pays touché par le virus qui a le plus réduit son activité industrielle, quand on sait que l’Allemagne, l’Espagne, ou même l’Italie ont majoritairement maintenu cette activité».