Contre la déforestation importée : alerte et manifeste distributeurs, guide des bonnes pratiques d’achats publics, plateforme publique

Le 2 décembre 2020

Le comité de suivi de la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée s’est réuni le 18 novembre sous l’égide de la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique chargée de la Biodiversité, en présence de membres des ministères de l’Agriculture et de l’Alimentation, du Commerce extérieur et de l’Attractivité ainsi que du ministère chargé des Comptes publics. Il a annoncé des mesures en termes de traçabilité, d’information du public, d’achat public «zéro déforestation» et d’engagement des entreprises.

Traçabilité : grâce à l’autorisation faite au ministère de la Transition écologique d’accéder et de traiter les données douanières d’importation, qui seront croisées avec des données satellitaires, les pouvoirs publics seront en mesure d’informer, par un mécanisme d’alerte et de manière confidentielle, les entreprises sur leur exposition au risque «déforestation ». «Il s’agit d’une réponse directe à l’attente des grands groupes français souhaitant s’engager dans cette démarche», a-t-il été précisé.

Information du public : une plateforme publique, dont la version beta a été présentée, agrégera ces données pour informer les consommateurs, les entreprises, ONG et les acheteurs publics de l’impact global de nos importations sur les forêts dans le monde, pour favoriser une demande française de produits durables.

Politique d’achat public «zéro déforestation» d’ici 2022 : publication d’un guide des bonnes pratiques distribué à 130.000 acheteurs publics dans les ministères, les services déconcentrés de l’État ou les collectivités territoriales. «Tous sont concernés. C’est une mesure à fort effet levier puisqu’elle représente jusqu’à 10% de notre PIB», a précisé le comité.

Engagement des grandes entreprises : les distributeurs Auchan, Leclerc, Carrefour, Groupe Casino, Les Mousquetaires, Système U, Lidl, Métro ont signé un manifeste pour lutter contre la déforestation liée au soja. Ils s’engagent notamment à l’ajout dès 2021 des clauses de non-déforestation dans leurs contrats sur toutes les filières d’approvisionnement et à l’engagement de l’ensemble des marques nationales. Dans la foulée de cet engagement sur le soja, une démarche similaire a été lancée par les entreprises membres du Syndicat du chocolat.

La dimension européenne de la lutte a été abordée lors du comité par Pascal Canfin, président de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen, et une représentante du Commissaire Sinkevicius.

Source photo : www.fondation-nature-homme.org