Chouard, au service des marchés locaux

Le 19 septembre 2019
Bastien, le second fils d’Éric Chouard, travaille sur les murs à ossature bois en attente de pose de pare-pluie, etc. 

Le 9 juillet, l’IFB 64 – maillon basco-béarnais de Fibois Nouvelle-Aquitaine – a organisé la découverte de deux entreprises appartenant à Éric Chouard : la SARL Chouard, fabricant de maisons à ossature bois et de charpente traditionnelle, et Pyrénées fermettes et ossatures, deux entreprises implantées à proximité d’Orthez, en Béarn. 

La SARL Chouard a démarré son activité en 1989 dans l’ossature bois et la charpente traditionnelle. Dès 2004, Éric Chouard a vu l’intérêt de se doter de son propre bureau d’études. En 2013, l’entreprise a déménagé à Artix sur l’emplacement actuel. «C’était nécessaire pour accompagner son développement » souligne Éric Chouard qui a créé dans la foulée la société Pyrénées fermettes qui s’implante en 2015 à Biron, à quelques kilomètres. Aujourd’hui, ces entreprises emploient une trentaine de salariés : 7 à Biron, 18 à Artix, 4 au bureau d’études.

 La bonne santé de l’ossature

Elles fournissent aussi bien des marchés privés que publics, fabriquent beaucoup «pour les autres», essentiellement sur les départements des Landes, Gironde, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Atlantiques. Le tout représente 250 à 300 m3 par mois. En ligne de mire, un important projet de Bouygues Immobilier à Saint-Vincent de Tyrosse (Landes), avec un rez-de-chaussée béton et R + 1 et 2, parfois 3 : Chouard réalise les murs, la charpente et la couverture. À Toulouse, c’est l’école des Douanes : une vieille maison avec surélévation. «L’ossature, cette année, c’est pas mal» sourit Éric Chouard qui se charge de la partie commerciale, notamment de la réponse aux appels d’offres, avec un de ses fils Florian. Ils sont appuyés par un commercial pour la partie fermettes. Éric Chouard souligne ce développement du bois dans les logements, les bureaux… parce que c’est dans l’air du temps, que la prescription se développe, avec parmi les atouts du matériau, la rapidité de chantier. Pour une meilleure rationalisation, l’entreprise privilégie les camions complets : de l’approvisionnement au chantier.

 Le bois local ? Difficile

Si le marché est relativement local, ce n’est pas le cas de l’approvisionnement en bois. La SARL utilise essentiellement de l’épicéa, en provenance d’Allemagne pour le plus gros du volume «parce qu’on ne trouve pas forcément l’équivalent en France». Un peu de pin ? «Rarement et de moins en moins». Éric Chouard avoue être «un peu fâché avec le pin des Landes, trop nerveux». Il achète surtout des bois traités, notamment l’épicéa en classe 2. Des barres de 13 m d’épicéa KVH, «dans un souci d’optimiser». L’OSB provient d’Irlande. La question est posée à Éric Chouard de la possibilité de remplacer ces bois d’importation par les bois locaux quea filière promeut énergiquement l’interprofession 64. Réponse sans ambages : «Si on a les longueurs et l’hygrométrie…».

Le CLT ? Le représentant départemental de l’ONF, Antoine de Boutray, rappelle que l’on a fait des essais de CLT en bois local : sapin en extérieur, hêtre en intérieur, avec les scieries Bois ariégeois pour le sapin et Lapassade pour le hêtre. Mais, pour ces CLT, il faut encore passer à la phase normative. S’y ajoute un problème de savoir-faire des industriels, notamment en termes d’aboutage sur le hêtre, avec en plus, sur cette essence, «de gros soucis de débouchés sur le bois d’oeuvre ; tous les acheteurs veulent la même qualité et il n’y a pas de débouchés pour la seconde qualité». L’ensemble des deux entreprises passe 250 à 300 m3 de bois par mois […]

Photo : Bastien, le second fils d’Éric Chouard, travaille sur les murs à ossature bois en attente de pose de pare-pluie, etc. 

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