Brexit, la filière bois sans boussole

Le 22 mars 2019
Un lot de grumes de chêne à destination du marché anglais.

Suite au choix de près de 52% des Britanniques en juin 2016 d’opter pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, l’Europe est confrontée à une crise sans précédent depuis la mise en place de la Communauté économique en 1957. La filière bois française n’échappe pas à l’entente commerciale entre la France et son voisin d’outre-Manche, partenaire majeur de nombres de scieries et d’exploitants forestiers dans l’Hexagone. En plein mois de mars de toutes les interrogations, entre sortie de la Grande-Bretagne avec ou sans accord de négociation avec l’UE, prolongement du statut en vigueur… nous vous proposons un petit tour d’horizon de la situation avec les premiers concernés, des professionnels de la filière forêt-bois situés des deux côtés de la Manche.

En Normandie, évoquer la Grande-Bretagne revient souvent à convoquer un vocabulaire propre à la réunion de famille : Denis Mommert, au-delà de la relation professionnelle qui unit sa scierie familiale de Fleury-la-Forêt avec ses clients, regrette d’abord dans la décision du peuple britannique le fait d’avoir provoqué une rupture affective qui n’est pas anodine pour cet européen convaincu, lui qui faillit quitter à l’âge de 16 ans le fief eurois de la famille pour aller travailler un an à réceptionner des plots du côté de “nos amis de pas loin”, comme il se plaît à le souligner avec une certaine ironie. Un cousin ira finalement à sa place, mais ce scieur expérimenté ne se souvient pas d’une période sans commerce avec la Grande-Bretagne pour la filière bois normande.
C’est bien d’ailleurs du côté de l’affectif qu’il faut chercher les causes profondes de ce séisme politique plutôt que sur les rives de la raison ou de la réflexion économique. Quand le peuple britannique décide en juin 2016 de faire le choix de tourner le dos à l’Union européenne, personne n’a vraiment idée de la façon dont va se dérouler ce divorce unique dans l’histoire des relations internationales. Trois ans plus tard, et le déclenchement par Theresa May, cheffe du gouvernement britannique, de l’article 50 de sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni patauge dans un marigot juridique, technique et politique qui manque chaque fois de virer un peu plus à la farce tragique à mesure que la date du 29 mars, censée marquer la sortie effective du pays des institutions européennes, approche.
Si Theresa May avait pendant deux ans réussi à négocier un accord avec l’Union européenne, celui-ci fut sèchement retoqué par le parlement britannique début janvier […]

Photo : Un lot de grumes de chêne à destination du marché anglais.

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