Baisse des prix des grumes (hors douglas) sur un an : les moyennes et analyses de l’ONF

Le 10 novembre 2020

Les grumes sur pied ou façonnées affichent des prix moyens en baisse générale sur un an à fin septembre 2020, selon l’Office national des forêts dans sa lettre de conjoncture datée d’octobre-novembre 2020, avec toutefois une exception pour le douglas. Les résineux blancs (sapin-épicéa) sont particulièrement affectés par cette baisse. L’ONF indique les valeurs moyennes suivantes : sur un an et jusqu’au 30 septembre 2020, les prix des bois sur pied sont en baisse pour le hêtre de 8%, le chêne de 12%, le pin sylvestre de 11%, le pin maritime de 16%, et le sapin-épicéa, du fait de la crise des scolytes, de 46% ; les prix des bois façonnés sont en baisse plus mesurée pour le hêtre de 5%, le chêne de 8%, le pin sylvestre de 4%, le pin maritime de 3%, et le sapin-épicéa de 21%. Le prix du douglas a lui grimpé de 3% (sur pied) et de 5% (façonné).
L’ONF livre dans sa lettre de conjoncture, au-delà de ces moyennes, quelques éléments d’analyse par marché, ceux-ci continuant d’être bouleversés conjointement par les états d’urgence sanitaire et les catastrophes forestières.
Ainsi le prix du chêne à merrain a-t-il décroché suite non seulement à l’activité restreinte des restaurateurs mais aussi aux incendies en Californie et en Australie (le raisin imprégné de la mauvaise odeur des fumées ne peut pas être récolté) ; sur un an, les exportations de tonneaux ont chuté (données douanes) de 12%, selon l’Office. Les scieurs ont pu acheter beaucoup de chênes, et les prix sont donc restés plus stables en matière de charpente, de menuiserie-ébénisterie, de parquet, de cercueil et de traverse paysagère, remarque l’ONF.
Si le marché de la construction s’est envolé aux États-Unis (favorisant les exportations de bois de sciages de résineux, qui ont augmenté de 4% (données douanes) de septembre 2019 à août 2020, précise l’ONF), en France ce marché se trouve en mauvaise posture, notamment en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse, où les mises en chantier ont chuté (données du ministère de la Transition écologique) de plus de 10% sur un an.
Sur le marché de la palette, les prix restent stables ou affichent une légère rétractation (la production de palettes neuves ayant diminué de 20% en un an, indique l’Office, avec la concurrence des palettes d’Europe de l’Est et le boom des palettes recyclées avec consigne).
Sur le marché du bois d’industrie (BI) pour panneaux, porté par la construction, la période juin-juillet-août 2020 est équivalente à l’année précédente et compense un peu «l’effet Covid», tandis que sur le marché du BI pour pâtes à papier, la tendance baissière se confirme, malgré la production de masques et de papiers hygiéniques, suite à un affaissement des commandes professionnelles (rames de papier…) pour le bureau.
Le marché du bois-énergie souffre de la concurrence du fuel domestique à prix bas, le bois restant néanmoins l’énergie la moins chère du marché, selon l’Office qui note que le début d’automne frais et humide a augmenté la consommation en chauffage, notamment dans les zones de montagne.
L’ONF, dans sa lettre de conjoncture d’octobre-novembre 2020, fait aussi état de l’avancement de la mutation en cours vers les ventes digitales des bois publics qui lui ont permis «de mettre sur le marché un volume de bois équivalent à l’année précédente et d’assurer l’approvisionnement de la filière quasi normalement». Avec des demandes très sélectives mais aussi 8% de nouveaux clients, et un effet de rattrapage en volume d’achats pour certains résineux (sapins et épicéas) et pour les hêtre après le déconfinement printanier, «au total, un chiffre d’affaires de 74,5 millions d’euros a été réalisé de juin à septembre 2020 lors des ventes digitales», indique Aymeric Albert, chef du département commercial bois à l’Office.

Ci-dessus : graphique représentant l’évolution du prix des bois d’œuvre sur pied. (Source : ONF)

Ci-dessous : graphique représentant l’évolution du prix des bois d’œuvre façonnés (Source : ONF)